• Dr Paul Kananura

Épidémie Covid-19: "L'Afrique est capable de vaincre le coronavirus".


"L’Afrique n’a pas droit de perdre cette guerre dont les batailles se jouent ailleurs. L'Afrique est capable de vaincre le virus Covid-19", affirme Dr Paul Kananura. Dans cette contribution qu'il nous propose, le Président de l'Institut Mandela de Paris soutient que pour y arriver, les gouvernements africains doivent prendre conscience la crise du Covid-19 est beaucoup plus qu’une pandémie. C'est un combat géopolitique qui expose les faiblesses des pays et des peuples. Pour cet expert en géopolitique et politiques publiques, il est temps de prouver que les crises politiques, économiques, sociales et sanitaires nous ont appris beaucoup de choses et ont fait de nous les peuples les plus résilients.


L’hypothèse que la faible propagation et progression du virus observée actuellement sur le continent est liée à la résistance des corps boulés de substance antipaludéennes peut être plausible et mérite d’être confirmée ou infirmée par des études épidémiologiques et médicales. Au regard du bilan de l’Afrique, face au Covid-19, on peut même formuler un postulat profond : au-delà de la jeunesse et de la robustesse des populations africaines qui ont traversé des épreuves épidémiologiques graves dans un environnement hostile, il n’y aurait-il-pas aussi le résultat combiné d’une consommation régulière des plantes aromatiques et médicinales pour se soigner et de chloroquine et ses dérivés pour combattre le paludisme. Ce sont des pistes de recherches scientifiques et de décisions politiques à venir.


Les médecins africains sont très outillés pour prescrire et administrer la chloroquine et autres médicaments associés car ils connaissent bien des contre-indications, des effets indésirables et la dangerosité des associations médicamenteuses. L’utilisation des phytomédicaments est fortement recommandée avec des précautions d’usage.


Les charges régulières menées à la télévision par des sommités médicales (dont beaucoup sont "sponsorisés" par les laboratoires pharmaceutiques) contre la chloroquine et ses dérivés en deviennent suspectes. On n’a jamais vu autant des experts soulignent les dangers d’un produit qui a traversé plus d’un demi-siècle d’histoire, en apportant beaucoup plus de bien que de mal aux habitants des zones tropicales. Ces mêmes sommités étaient étrangement silencieuses sur la dangerosité des vaccins administrés à grande échelle aux Africains contre la rougeole, la variole et autres maladies dont les effets négatifs sur la sexualité des hommes et la maternité des femmes sont légions. Elles ne s’insurgent pas non plus contre des essais cliniques sauvages pratiquées dans certains pays sous couvert d’action humanitaire.


Certains pays, ONG, Fondations et Organisations internationales, au lieu de se préoccuper de l’état de santé de leurs compatriotes gravement touchés par l’épidémie, s’alarment sur l’Afrique et se préoccupent d’abord de combien de gens vont mourir et de combien de régimes vont tomber. C’est quand même hallucinant de prédire une implosion de l’Afrique face au Covid-19 ; si ce n’est pas un agenda caché ! Une chose est certaine : si elle n’est pas bien gérée, cette crise pourra devenir un tsunami économique, social et politique. Tous les paris sont ouverts pour ceux qui aiment "l’Afrique sans les Africains". Ils théorisent que l’Etat faible ne soit en état d’affronter une pandémie du Covid-19. La bataille des puissances pour s’offrir des masques chinois avec des coups bas n’est rien par rapport à la guerre qui attend l’Afrique. La bonne nouvelle, c’est probablement, dès la fin de la pandémie, la naissance de la fédération de l’Afrique qui va sûrement s’accélérer avec l’ensemble des chocs de crises sanitaire, économique, sécuritaire et politique.

Les tendances et trajectoires, élaborés en Occident par les fondations et institutions caritatives, estiment que le Covid-19 devrait toucher plus de 50 millions de personnes dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Nous devons se préparer au pire car ces humanitaires et experts mondiaux ne sont pas des enfants de cœur.

Une vingtaine de gouvernements africains ont fait appel à l’expertise européenne pour conseiller les systèmes de réponse à la crise de coronavirus. Ces experts ont même intégré les structures de gestion de crise dans certains pays. On comprend pourquoi certaines mesures prises ne sont pas adaptées au contexte africain car elles ne reflètent pas l’exercice de la souveraineté et la représentation culturelle. Ce sont ces experts qui conseillent de vacciner les Africains.

Le niveau actuel de la crise épidémique n’oblige pas les pays africains à céder aux pressions des groupes pharmaceutiques pour accepter les essais cliniques et de vaccin pour le Covid-19. Il est temps de privilégier la santé des populations que les grosses sommes d’argent qui finiront certainement dans les banques occidentales. Rappelons que les vaccins contre la rougeole ont provoqué une impuissance partielle chez les hommes et une sorte d’infertilité chez les femmes de plus de 40 ans.

De ce qui se dit dans les médias et d’autres sources d’informations, l’Afrique est un terrain d’essais traditionnel des vaccins les plus controversés (exemple vaccin d’Ebola RDC, etc.). Cela est fort bien documenté et largement connu de nos jours. S’agissant de la pandémie du Covid-19, un vaccin réussi ne pourrait être disponible, normalement, que dans 12 ou 18 mois. L’on se demande donc pourquoi une telle agitation et de la précipitation mondiale sur un vaccin qui na pas encore suivi, sauf preuve du contraire, tout le protocole scientifique nécessaire. Un système de prudence élémentaire recommande de dire non au vaccin de Covid-19 en Afrique. C’est la responsabilité fondamentale de l’Etat. Si-non il rompt le pacte de base: les citoyens reconnaissent l’autorité de l'Etat, et en échange de quoi, ce dernier leur assure un certain nombre de services, au premier rang desquels, la garantie de la sécurité sanitaire. Cette ultime protection de nos libertés et de nos droits est non négociable. L’acte contraire est une trahison contre le peuple.

L’Afrique Centrale (6 pays membres de la CEMAC), le Ghana et le Nigeria ont rejeté toutes les propositions d’expérimentation du vaccin contre le Covid-19 et ont refusé dignement que leurs populations soient des cobayes car les effets et risques de vaccination sont inconnus.


La survie des régimes d’une vingtaine des pays africains est assujettie à l’efficacité des mesures sanitaires, sociales et politiques prises dans l’intérêt général qui évitera les tentatives de déstabilisation à travers une possible explosion sociale.


La Chloroquine, un traitement efficace contre le Covid-19

La chloroquine est un médicament très connu en Afrique depuis 1949, facile à produire et à faible coût. Les africains sont habitués à la chloroquine. Résultat : l’Afrique enregistre beaucoup moins de morts que les autres continents pour le moment. Son traitement (à base d’hydroxychloroquine, dérivé de chloroquine) fait baisser la charge virale du Covid-19. La chloroquine est l’une des meilleures pistes (bénéfice–risque) qui existe pour soigner le Covid-19 avec des effets secondaires très minimes.

La chloroquine est synthétisée sur le modèle d’une molécule naturelle extraite d’une plante qu’on trouve partout en Afrique: la quinine.

Cette molécule a été utilisée contre la malaria (paludisme) et a été abandonnée parce que le Plasmodium (micro-organisme responsable de malaria) est devenu résistant à cette molécule.

Tous les antipaludéens (Plaquinil, Amodiaquine, Méfloquine, Primaquine) ne sont pas de la même famille car n’ayant pas la même structure moléculaire de base.

La chloroquine est donnée aux Européens qui voyageaient en Afrique. Cela ne les cause aucun effet secondaire. Elle est donnée aux gens en bonne santé et il n’y a pas de problème. Au nom de quoi ce médicament poserait-il-un problème aux gens malades? C’est un contre-sens et une polémique liée au gros sous.

La chloroquine ne met pas la vie des malades en danger ; au contraire elle peut les sauver. Donc, la logique impose de l’utiliser en l’absence d’un traitement efficace scientifiquement prouvé. Elle a été préconisée et utilisée avec succès de guérisons par l’équipe du Professeur Didier Raoult de l’IHU de Marseille.

Cinq études ont montré que le coronavirus était sensible à la chloroquine dont les modèles de culture virale sont connus depuis longtemps. On sait que c’était un antiviral efficace. Son utilisation pour soigner le Covid-19 est une question de temps pour que tout le monde accepte l’évidence. Une nouvelle étude de l’IHU Méditerranée Infection, dirigé par le Pr Didier Raoult, préconise une bi-thérapie associant l’hydroxychloroquine et un antibiotique pulmonaire. Ses effets sont confirmés par les résultats observés sur une cohorte de 500 patients dans l’Etat de New-York et de 80 patients à Marseille.

Le Gouvernement marocain a pris une décision courageuse de passer outre les pressions des experts des groupes pharmaceutiques en achetant tous les stocks de Plaquenil (l'un des noms commerciaux de Chloroquine) de l’usine Sanofi de Casablanca pour traiter les malades de Covid-19. C'est une décision stratégique car la santé publique est une question de sécurité nationale. Et d’ailleurs le Pr Didier Raoult juge "immoral" de ne pas administrer chloroquine aux malades du Covid-19.

Cette épidémie de coronavirus qui touche toute l’Afrique est une occasion collective de mettre le paquet sur la médecine traditionnelle. La mutualisation de la recherche et des moyens d’intervention, soit au niveau régional, soit au niveau continental, est la seule réponse à apporter aux pandémies à venir. L’Union Africaine peut réunir des chercheurs chevronnés dans ce domaine autour du Pr Raphael Eklu-Natay, Auteur du Dictionnaire des Plantes Médicinales d’Afrique, Pr Rokia Sanogo, Cheffe du service des sciences pharmaceutiques du Département Médecine Traditionnelle (DMT) de l’Institut Nationale de Recherche en Santé Publique (INRSP) et Directrice du Laboratoire "Espaces, Sociétés, Cultures et Santé de l’Institut IRIS WEB DUBOIS du Mali, du Dr Valentin Agon, Propriétaire et directeur général d’Api-Bénin qui produit des médicaments phyto dont l’APIVIRINE et DG de Api-Pharma au Bénin, du Dr Jérôme Fagla Medegan, Inventeur de CD4 (une glycoprotéine (molécule) permettant au système immunitaire de sortir de sa sidération face au VIH pour combattre la maladie, du Dr Eric Gbodossou, Directeur de PROMETRA International (Promotion de la médecine traditionnelle africaine) au Sénégal, du Dr Charles HOPSON, Médecin OrthoMoleculaire et patron du Doctor Hopson Pharma Labs au Cameroun et Longevity Labs USA et du Dr Daniel Biakou, Directeur Général de BDA PHARMA. Ils proposent tous l’utilisation des extraits de plantes qui viennent de riche patrimoine de notre médecine traditionnelle ancestrale. Ces plantes ont permis de vaincre la variole, la drépanocytose et le virus viral. Les extraits de plantes peuvent renforcer le système immunitaire au point de lui permettre de faire barrière au coronavirus. Nous ne perdons rien à utiliser les moyens à notre disposition, les plantes dont se servaient nos ancêtres pour soigner et que nous pouvons réussir à adapter aux normes de la médecine moderne. L’Institut Mandela, l’Institut Culturel Africain (ICA) et l’Ecole des Hautes Etudes en Sante Publique (EHESP-Mali) organiseront la deuxième édition de la Conférence Internationale sur la Médecine Traditionnelle Africaine en 2021 dont la première édition a été organisée en avril 2019 à Bordeaux par l’ICA.

Il ne faut garder à l’esprit que les Chinois qui sont en train de vaincre la maladie dans leur pays ont impliqué, en plus de chercheurs de la médecine moderne, des médecins traditionnels dans la recherche de remèdes.


Le confinement zonal et séparation des populations

Il est pratiquement impossible de confiner une population qui a faim et qui lutte pour la survie. Nous proposons le confinement zonal pour des foyers d’épidémie car le confinement général risque de provoque des émeutes populaires et la déstabilisation des pays fragiles.


Le confinement intelligent de la population est une politique moins portée sur les restrictions, les interdictions et la criminalisation. Il est basé sur la confiance réciproque, la sensibilisation sur le danger et la liberté concédée à chaque citoyen de prendre sa responsabilité (distanciation sociale, fortification des défenses immunitaires et autres intelligences sociales).

Le contexte culturel et sociologique africain de vie communautaire est incompatible avec l’isolement et l’individualisme qui sont des éléments focaux des mesures de confinement, de distanciation sociale et de quarantaine. Quid pour les enfants de la rue et des camps des réfugies ou personnes déplacées avec des conditions de vie précaire et épouvantable?

Les mesures de confinement strict ne sont pas faciles à gérer suite aux moyens faibles des populations et de l’Etat. Nous avons observé que des mesures de couvre-feu pour freiner la propagation du coronavirus entraînent des brutalités policières. L’équilibrage du risque sanitaire et des libertés publiques est difficilement applicable à un confinement obligatoire des populations qui vivent au jour le jour. Ce n’est pas la peine de prendre des décisions qui ne seront pas respectées.


La logique de la décision du confinement de la population est purement administrative pour prévenir la maladie, pas pour la combattre. Cette stratégie d’approche de l’épidémie, largement pratiquée en Occident avec un confinement généralisé, n’est pas adaptée aux structures socio-économiques de l’Afrique. Il fallait opter pour une approche médicale avec un confinement zonal pour des territoires atteints du virus. Il s’agit des solutions intermédiaires afin de limiter la circulation dans les villes : fermeture de gares interurbaines, des lieux de culte et des bars, couvre-feu zonal, barrages de filtrage, tunnel de désinfection… mais pas de confinement complet


Dès la propagation du Covid-19 en Occident, il faillait prendre la décision, non pas de confiner les populations, mais de confiner le pays avec la suspension de tous les vols internationaux pour une durée indéterminée et l’interruption de la délivrance des visas. Si le coronavirus circule avec les gens, la fermeture des frontières donne son sens aux mesures de précaution prises, sinon elles sont totalement dénuées de sens. Seuls les vols de rapatriement des étrangers et des nationaux devaient être possibles sous conditions sanitaires strictes.


Dans plusieurs pays, certains domaines ne sont pas concernés par le confinement, à savoir les professions médicales, les magasins alimentaires, banques, administrations et transports doivent fonctionner. Il faudra examiner les possibilités d’ouvrir les marchés dans certains territoires (villes, provinces, localités, villages) non concernés par l’épidémie.


Pourquoi nous plaidons pour un confinement zonal?

C’est une question de logique et bon sens. Est-ce que les agriculteurs peuvent être concernés par le confinement? C’est évidemment impossible, même en cas d’aggravation de la pandémie du Covid-19. La population africaine est très majoritairement rurale, donc agricole. Et l’agriculture africaine est tributaire des saisons pluviales. Les pluies n’attendront pas que le combat contre la pandémie finisse pour tomber! Pandémie ou pas, les ruraux doivent parfois aller puiser l’eau et chercher des produits à manger et le bois de cuisine dans les champs. Certains citadins vivent la même situation en ajoutant de se débrouiller tous les jours dans l’informel pour survivre. Autant de raisons de survie qui justifient que le confinement général ou total est impossible à respecter. Pour des mesures efficaces, il faut tenir compte des réalités et spécificités du pays, des villes et des campagnes.


Accompagnement des mesures de quarantaines différentielles

L’équilibrage du risque sanitaire et des risques socio-économiques exige un accompagnement par des mesures économiques, fiscales et sociales immédiates.

Le succès de confinement passe par la distribution des vivres, de produits d’hygiène et de cuisine, la cessation de paiement de loyers, de factures d’eau et d’électricité pour les populations fragiles.

Les mesures sociales pour soulager des populations pauvres et les mesures économiques pour soutenir l’activité nationale doivent être pensées, prises et appliquées en même temps que des mesures de confinement.

Dans certains territoires, où les mesures individuelles sont adoptées, une aide sociale et alimentaire d’urgence doit se mettre en place pour soulager des populations les plus pauvres. Il faut penser en priorité aux ouvriers, aux personnels de l’informel et aux gens qui se débrouillent tous les jours pour nourrir leur famille.

L’ensemble des mesures sociales et économiques prises par les Gouvernements de Mauritanie, du Gabon et du Sénégal pour surmonter la crise sanitaire peut servir d’exemple à d’autres pays.

Une approche de gestion de crise, adaptée aux réalités africaines, devrait renforcer des mesures de prévention prises par des Etats comme la fermeture des frontières, la limitation de la circulation des personnes vivant dans des foyers de l’épidémie, l’accompagnement social des personnes fragiles et pauvres, la sensibilisation des populations sur l’importance des gestes barrières et de la gravité de la situation, la mise en quarantaine des cas détectés, la multiplication de la détection des cas….


Ce qu’on décide aujourd’hui définira demain. Il nous parait indispensable de souligner l’effort de certains Présidents africains pour forger une alliance nationale qui transcende les considérations partisanes afin de mobiliser leur nation respective contre l’épidémie. Les mesures économiques et sociales prises par les différents gouvernements atténuent l’impact des fragilités sociales. Face à la pandémie, les décisions prises maintenant surgiront bientôt en tant que réalités de gouvernance axée ou pas sur le bien-être des populations. C’est un moment de leadership et d’action fondés sur des règles qui ne laissent personne derrière. Ces règles profitent à tous pour d’éviter la quête d’alternative.


1. La santé n’est pas un produit de marketing

La santé n’est pas un produit de marketing. C’est une question éminemment de sécurité nationale. Nous remercions les gouvernements africains qui ont refusé les propositions de vaccin qui leur a été proposé pour renforcer le système immunitaire de personnes vaccinées, afin de résister aux différentes maladies.


En 1960, l’Afrique comptait 280 millions d’habitants. Elle en compte aujourd’hui 1,3 milliard. D’ici à 2050, sa population pourrait atteindre 2,4 milliards, et 4 milliards vers 2100. La démographie est un des éléments essentiels de la puissance d’un pays. C’est la seule et unique raison pour laquelle tout le monde veut vacciner les Africains ou pis encore, expérimenter des médicaments et des vaccins sans protocole et dont on ne connait pas encore les effets.


2. Communication publique et transmission d’informations adaptées au contexte africain

Dans le contexte d’épidémie, les campagnes de prévention et de sensibilisation font partie des outils essentiels pour contenir la crise. Il est urgent de mettre en place un programme efficace de communication communautaire (par les radios et télévisions, les réseaux sociaux, autres canaux de transmission locale, etc.) en langues nationales et locales.


Pour mieux respecter les règles d’hygiène et de sécurité sanitaire recommandées par les autorités médicales et gouvernementales, il faudra adapter la communication et l’information aux populations africaines:

- Dans les messages de vulgarisation des mesures préventives contre le virus, utilisons le savon ordinaire qui coûte moins chers. En principe tout savon tue les micro-organismes (par sa structure tensioactive). Il faut casser l’image de télévision qui présente la pratique de ravage des mains avec des savons liquides avec des solutions hydroalcooliques et qui fait croire à la population que le coronavirus est une maladie des riches.

- Recommander avec discernement l’utilisation d’aliments et fruits contenant des molécules antioxydantes (ail, gingembre, citron, oignon, curcuma, tomate, carotte, légume) ainsi que des recettes pharmacologiques de grand-mère avec des propriétés antivirales (plantes Aloe vera, Ndole),… pour renforcer l’immunité du corps humain dans la lutte contre virus.

- La transmission de l’information doit aussi s’imprégner de la psychologie des populations. "Pour comprendre la psychologie d’une population travaillée par une épidémie", l’historien Jean Delumeau reconstituait minutieusement dans "La Peur en Occident", paru en 1978, les effets sociaux des pandémies de peste et choléra (rumeurs, déni, recherche de fautifs) qu’on retrouve aujourd’hui avec le coronavirus:


1. « Le déni des autorités », pour ne pas affoler la population, interrompre les activités économiques et apercevoir la réalité du péril, pèse sur les processus de décision. Alors qu’il est possible de prendre de bonnes mesures au début de l’épidémie de confiner le pays et non la population, les pays africains ont recopié les mesures prises en Occident alors que le contexte socioéconomique n’est pas le même.

2. "La légèreté de la population" refusa de croire l’impensable. L’état psychologique d’être candidat en danger du virus donne place à la peur qui parfois se traduit en rumeurs. Le Covid-19 est perçu par une partie de la population comme un virus importé par les élites occidentales et locales. Donc c’est une maladie des riches pour les urbains et une maladie des urbains pour les ruraux.

3. "La panique" car la contagion oblige à céder à la psychose malveillante et à la panique planétaire savamment orchestrée. Si le virus a affecté d’abord les élites en Afrique, il se repend dans les quartiers populaires où des problèmes d’accès aux soins sont aussi préoccupants que des risques de propagation rapide.

4. "Le confinement" rythme la vie des individus mis en quarantaine. Il est perçu comme une oppression et une asphyxie de la vitale économie informelle.


5. "La distanciation sociale" impose des précautions pour éviter la contamination. Les gens se regardent en chien de faïence dans les rues, marchés ou supermarchés.


6. « Le rejet des malades » renforce la solitude et l’isolement. Dès que vous toussez, les gens fuient rapidement. La peur fait plus de dégâts que le Covid-19 lui-même, un virus inconnu et sans vaccin. L’hôpital de campagne en cours d’installation pour accueillir des malades du Covid-19 dans la commune de Yopougon (Abidjan - Côte d’Ivoire) a été vandalisé, saccagé et brûlé par des jeunes sous prétexte d’être en danger. Cela exige que la communication en rapport à la gestion de la pandémie soit adaptée au contexte local et sociologique des différentes populations pour éviter tout malentendu.


7. "L’abandon des rites funéraires" confirme les ruptures brutales des usages quotidiens et sociaux de la société. On pleure les morts sur les réseaux sociaux qui sont devenus de lieux de cimetières collectifs.

8. "Les héros et les autres" distinguent des hommes et les classent en catégorie lâche ou héroïque : le Professeur Didier Raoult, et son équipe de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de la Timone, à Marseille, sont des gens rigoureux, reconnus mondialement et maintenant adulés par le monde entier pour avoir trouver le moyen de soigner le Covid-19: la chloroquine. Par centre, les politiques sont dans les mauvais draps car ils sont incapables d’assumer leur responsabilité de protection des populations et la grogne monte d’un cran chaque jour.


9. "La recherche de coupables" fuse avec des thèses complotistes et la colère divine qu’on retrouve sur les réseaux sociaux. "Il faut plus miser sur la connerie que sur le complot" (Premier Ministre Michel Rocard).


Conclusion

L’épidémique est là, et vu les décisions prises et l’état sanitaire de nos pays, nous ne sommes pas prêts. Il est important de garder à l’esprit la santé globale de la population et d’adopter des mesures devant éviter la diffusion du virus. Malgré les différentes crises sanitaires meurtrières, la réalité des risques n’est pas encrée dans l’esprit des populations africaines. C’est un défi à relever dans la prise de décision par les pouvoirs publics. Les Africains remercient le Covid-19 d’avoir presque rétablit la justice sociale : dirigeants, riches et pauvres ont tous la peur au ventre de mourir de l’épidémie qui menace plus la haute société voyageuse, non-habituée à la défaillance du système de santé et le calvaire des hôpitaux de leur pays. Les puissants, qui prennent l’avion pour se faire soigner un petit rhume en Europe, sont confinés au pays par la fermeture des frontières étrangères dont les malchanceux sont hospitalisés dans les hôpitaux miroirs. Ils pensent que rien ne peut leur arriver alors que nul ne peut espérer aujourd’hui être hors de portée d’un virus qui s’est avéré mortel. Espérons qu’ils prennent conscience, comme les membres des autres peuples, que le meilleur investissement est national en construisant des écoles et des hôpitaux dignes et modernes.


La problématique du Covid-19, c’est qu’on n’a pas suffisamment des réponses scientifiques sur l’épidémie, ce qui laisse la place aux rumeurs, à l’incertitude et au cafouillage. La décision politique doit se fonder sur des recommandations scientifiques. Or le temps de production scientifique est en retard sur le temps rapide de l’épidémie. La décision politique avec des mesures barrières et de confinement agit sur le comportement des individus et non sur la maladie en tant que telle, d’où le décalage entre les logiques politiques, épidémiologiques, médicales et réactions sociales. La meilleure stratégie de riposte à l’épidémie doit mettre l’accent sur la prévention et le traitement en même temps : mesures barrières, administratives et sociales, protection des soignants, tests massifs, prise en charge médicale des patients dès le début de symptômes, … Il appartient aux scientifiques, épidémiologues, médecins, virologues, infectiologues, d’être en première ligne et de conseiller les politiques sur les décisions à prendre et non l’inverse.


L’économiste Pr Esther Duflo, prix Nobel d’économie 2019, appelle les pays à ouvrir grand les vannes de la dépense publique pour restreindre les ravages économiques de la pandémie de coronavirus, estimant qu’il « n’y a absolument pas à s’inquiéter de la facture » face à la crise sanitaire. L’économiste, spécialiste de la pauvreté, encourage les pays du G20 à soutenir les pays moins développés, moins armés face à l’épidémie, et pointe les incertitudes sur la « sortie de crise », notamment sur la vigueur de la reprise de la consommation, facteur qui déterminera « l’ampleur finale du désastre économique ». Elle a minimisé les craintes sur l’endettement public pour financer le développement car les bénéfices à long terme sont supérieurs aux déficits. L’investissement est souvent une dépense utile. Il est temps que les pays africains refusent le diktat des institutions financières internationales pour retrouver l’esprit keynésien par excellence qui prône l’interventionnisme de l’État dans les secteurs sociaux et économiques. Il faut injecter des ressources pour stimuler l’économie en finançant les systèmes économique, sanitaire, éducatif et soutenir les ménages pauvres. Il faut faire admettre la légitimité nationale des politiques industrielles.


Les autres peuples ont besoin d’un ennemi imaginaire pour vivre. Et les Africains ont besoin des amis pour survivre. Cela n’est plus possible de dominer le monde dans le contexte actuel de fortes compétitions géopolitiques. Chacun doit jouer sa partition d’influence et celui qui y refuse va disparaître. Le temps de divertissement des populations par la politique d’amusement public et de la diversion permanente des responsables politiques sera définitivement terminé avec le coronavirus Covid-19. Il faut réfléchir à l’après-crise en faisant appel aux propositions des citoyens et des intellectuels nationaux.


Le sentiment de dévastation de la pandémie de Covid-19 modifiera la manière de voir et de penser le monde. L’Afrique a subi sans réagir les razzias, l’esclavage, la colonisation et la mondialisation. Elle doit se préparer aux changements géopolitiques pour continuer à exister en tant que Peuple. Cela exige la prévoyance et la clairvoyance des gouvernements et des stratèges panafricains pour surmonter la crise avec les populations et faire face aux défis de stabilité et de sécurité. L’ingéniosité de gouvernance sera testée à travers la maîtrise de la crise systémique et l’adaptation au nouvel ordre post-coronavirus. La capacité de résilience créera de nouvelles opportunités, tandis que la fragilité ouvrira des horizons dangereux.


Le défi majeur pour les dirigeants africains est de gérer les bouleversements de la crise systémique tout en pensant à l’avenir. Un échec pourrait saper sérieusement leur autorité et ouvrir des perspectives de contestation déstabilisatrice. Ils devraient prendre des mesures prospectives pour :

- Atténuer des effets socio-économiques de la crise sanitaire par des politiques audacieuses de production nationale

- Repenser la légitime de l’Etat dont le but est de subvenir aux besoins fondamentaux de la population: sécurité, ordre, justice et bien-être socio-économique avec une responsabilité de protéger le peuple dans tous les domaines de la vie. La gouvernance inclusive est le meilleur équilibre entre le pouvoir et la légitimité pour maintenir le contrat social national.

- Consolider la résilience africaine aux maladies infectieuses par l’encouragement de la médecine traditionnelle

- Permettre à l’État, aux régions et villes de se préparer à protéger leur population contre les épidémies par des stocks stratégiques du matériel médical.

-Faire de la médecine traditionnelle africaine un outil d’influence géopolitique (au lieu de subir sans réagir des vaccins parfois ou souvent nocifs) à travers des recherches fondamentales et appliquées et des industries pharmacologiques.