• Boubacar Sèye

Ouverture des frontières de L’UE: L'Europe ferme ses portes aux Africains.


Les frontières de l'Union européenne sont enfin rouvertes!

Si depuis mercredi 1er juillet il est possible pour les habitants d'autres pays à travers le monde de s'y rendre, tout le monde n'est cependant pas le bienvenu.

La liste officielle des pays autorisés à voyager en Europe exclut la grande majorité des pays d’Afrique. Cette situation n'a pas plu au Président de l’Ong "Horizon Sans Frontières". Boubacar Sèye nous livre son ressenti dans l’article qui suit.

Comme prétexte dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, l’Union Européenne a décidé de fermer ses frontières aux africains à l’exception de la Tunisie, de l’Algérie et du Rwanda. Cette mesure, des autorités Européennes, est une attitude incohérente à la limite discriminatoire face à l’Afrique.

Cette interdiction ne repose sur aucun critère objectif, médical ou sanitaire, elle traduit une façon voilée de l’Europe, d’agir contre l’immigration. Objectivement le virus a fait plus de dégâts en Europe que dans les pays dont les ressortissants sont interdits d’accès en Europe .

Faudrait-il rappeler le premier cas officiellement déclaré au Sénégal est un ressortissant Français, ce qu’on appelle communément "cas importé".


Cette décision de l’Europe face aux Africains, montre à quel point les dirigeants Européens méprisent les ressortissants Africains qu’ils veulent confiner chez eux par des "mesures- barrières" autres que sanitaires, qui paradoxalement excluent toutes les ressources stratégiques tirées du même espace géographique.


La réaction du Sénégal, une réponse compréhensible, mais comme un coup d’épée dans l’eau !!!

La réponse des autorités sénégalaises est parfaitement compréhensible car le Sénégal, en tant que pays souverain, a le droit de s’opposer à cette décision qui met en mal ses propres intérêts.

Mais un seul pays ne peut lutter de façon individuelle contre une décision de l’union européenne, c’est un problème qui interpelle la Cedeao, l’Union Africaine pour une réponse globale à l’échelle du continent ne serait que pour respecter un parallélisme des formes.


Une responsabilité aussi des organisations internationales !!!!

Le problème est beaucoup plus complexe car dans cette affaire, l’organisation mondiale de la santé a son mot à dire, de même que l’organisation internationale de l’aviation civile: des conventions ont été signées et elles concernent beaucoup de pays. C’est une réflexion globale raison pour laquelle Horizon Sans Frontières "Hsf" exhorte les Nations Unies à prendre leurs responsabilités pour éviter des tensions géopolitiques post-coronavirus à travers le monde.


Boubacar SEYE

Président de l'Ong Horizon Sans Frontières

Chercheur en migrations internationales

Citoyen Européen d’origine Africain