Une femme prend la tête de l'opposition sud-africaine

12/05/2007

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Treize ans après la fin de l'apartheid, Helen Zille veut partir à la reconquête du vote noir, face au tout-puissant Congrès national africain (ANC) du président Thabo Mbeki.
Est-ce parce que c'est une femme? Ou parce que son passé anti-apartheid inspire confiance face aux changements nécessaires dans l'opposition sud-africaine ? Toujours est-il que la nouvelle dirigeante de l'opposition sud-africaine a été chaleureusement félicitée par le président Thabo Mbeki lors de son élection, en début de semaine, à la présidence de l'Alliance démocratique (DA).
Helen Zille, qui est le maire du Cap, est désormais l'interlocuteur principal de l'opposition face au tout-puissant Congrès national africain (ANC), le parti fondé par Nelson Mandela et qui exerce le pouvoir à Pretoria depuis 1994.

Ancienne journaliste, Helen Zille s'était fait connaître il y a trente ans en relatant les circonstances de l'assassinat par la police du militant Steve Biko. Elle soutenait alors avec véhémence la campagne contre la conscription. Militante anti-apartheid de la première heure au sein de l'association Black Sash, cette dame de 56 ans est sans aucun doute plus en phase avec les aspirations des communautés défavorisées que ne l'était son prédécesseur, Tony Leon.

Jeter de nouveaux ponts
Celle qui peut se targuer d'un passé irréprochable est aujourd'hui maire du Cap, la capitale parlementaire et deuxième ville du pays. Ses partisans disent d'elle qu'elle travaille dur, s'exprime peu et qu'elle évite surtout d'aligner des promesses qu'elle ne pourra pas tenir. «Les bidonvilles ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Il faut nous mettre au travail pour éradiquer la pauvreté», déclarait-elle sans détour lors de sa campagne pour la mairie du Cap.

La nouvelle patronne de l'ex-Parti libéral blanc semble bien décidée à repositionner son parti sur l'échiquier politique. «Mon défi, c'est de récupérer les électeurs de couleur que nous avons perdus ces dix dernières années», précisait-elle lors de son élection à la tête du parti le 6 mai dernier, déplorant que 13 ans après la fin de l'apartheid, le vote soit encore trop racial.

Mme Zille a même appelé les militants à apprendre une langue indigène afin de «jeter de nouveaux ponts» entre les communautés. Son discours tranche avec celui de son prédécesseur, Tony Leon, qui avait fait de l'ex-Parti libéral le défenseur de la minorité blanche, au risque d'être finalement perçu comme «raciste» et «élitiste».

Pragmatique, Helen Zille n'en est pas moins ambitieuse. En élargissant les bases d'un parti qui représentait déjà aux dernières élections 12% du corps électoral, la patronne de l'opposition espère sérieusement concurrencer l'ANC aux élections générales de 2009. Elle a déjà réussi à récupérer ces dernières années les plus modérés du parti noir. Prêt à toutes sortes d'alliances politiques, tant nationales que provinciales, le maire du Cap n'a qu'un objectif : éviter que l'Afrique du Sud ne se transforme en une démocratie de parti unique.

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