Reines d'Afrique et héroïnes de la diaspora noire

25/11/2014

 

Avec son premier livre "Reines d'Afrique et héroïnes de la diaspora noire", Sylvia Serbin avait réussi un grand pari: rendre à la femme noire ce que la civilisation universelle lui doit. A 60 ans, cette journaliste, spécialiste en communication et historienne de formation, est née et a vécu pendant une trentaine d'années en Côte d'Ivoire et au Sénégal. Auteure de séries historiques pour la radio et la presse écrite, Sylvia Serbin a rédigé une contribution pour l'histoire générale de l'Afrique de l'Unesco (volume 8).Elle vient de vivre une expérience assez douloureuse. Ecoutez
 

Que nous soyons en France ou dans nos pays (Congo, Gabon, Sénégal, Côte d’Ivoire, Benin,  etc.), en gros dans des sociétés postcoloniales, le constat est le même: les programmes scolaires ne mettent jamais l’accent sur l’histoire réelle de notre continent et surtout de nos devanciers qui tous n’ont pas été des hommes couchés, des hommes courbant l’échine, des femmes passant leur temps dans les cases de leurs époux ou encore servant d’objets sexuels aux colons déguisés en civilisateurs. Comme le monde entier, l’Afrique a un passé glorieux, un passé prestigieux où nous n’avons pas toujours été esclaves, colonisés, indigènes etc. C’est dans ce cadre que la chercheuse, historienne et journaliste Sylvia SERBIN d’origine Sénégalo-Antillaise, a commis un ouvrage qui a eu un succès certain en France.
La journaliste et historienne Sylvia SERBIN, auteure de l'ouvrage Reines d'Afrique et héroïnes de la diaspora noire, met à l'honneur des femmes ayant "porté des valeurs de dignité et de courage". Ce livre permet de gommer certains clichés liés à la colonisation et à l'esclavage.
Ayant bien marché en France, cet ouvrage a été repéré par un éditeur Allemand. Il a été traduit en allemand, puis 400 paragraphes ont été retirés, et pour certains totalement réécrits, détournant complètement le message initial de l'auteure. Il a ensuite été publié en Allemagne sans consultation préalable de Sylvia SERBIN, en violation du contrat d'édition, elle n'a pu se prononcer sur la traduction allemande qu'après coup.
Les médias et le service public se devaient de relayer cette information, car la liberté d'expression, et plus particulièrement le droit d'auteur ont été impunément et délibérément violés, menant donc à de la désinformation pure et simple.

 


Extrait de critique:
Il y a deux scandales dans cette affaire :
1- qu'une auteure française (noire), publiée en France, voit diffuser en Allemagne - et sous son nom -une version falsifiée, raciste et révisionniste de son ouvrage, par un partenaire allemand de son éditeur français qui lui en a cédé les droits. Et c'est sur Internet qu'elle devait apprendre la sortie de l'ouvrage, dont on lui avait annoncé le projet de traduction des mois auparavant.
2- que les tribunaux français, désignés par les contrats d'édition comme seuls compétents pour juger des litiges sur ce titre, créent une jurisprudence discriminatoire en violation des lois sur la propriété intellectuelle et le droit moral, pour débouter l'auteure indignée par cette utilisation abusive de son oeuvre, qui par ailleurs connaît un succès international auprès d'un lectorat francophone.

Mieux, les magistrats ont refusé la résiliation des contrats d'édition liant son livre aux éditeurs incriminés, ce qui autorise ces derniers à continuer d'utiliser le nom de Sylvia SERBIN pour diffuser des idées douteuses qui portent un lourd préjudice à sa réputation d'historienne et d'intellectuelle noire respectée.

Des lois d'exception pour des citoyens de seconde zone ? La jurisprudence singulière opposée au livre "Reines d'Afrique et héroïnes de la diaspora noire", premier ouvrage à traiter de femmes noires en tant qu'actrices historiques sur une période allant de l'antiquité au début du 20e siècle, pose véritablement la question d'une régression du droit dans une démocratie occidentale promotrice des droits de l'Homme.

Jamais, pour un auteur français ou européen, on n'aurait toléré que, sous prétexte d'une traduction, on réécrive son oeuvre en l'amputant de plus de 400 paragraphes présents dans l'original pour les remplacer par des allégations fantaisistes, qu'on modifie des dates, des faits, des noms; qu'on gomme des évènements majeurs de l'histoire de l'Afrique, qu'on en ridiculise certains personnages emblématiques, qu'on introduise dans l'ouvrage des clichés à caractère raciste qualifiant des Africains de cannibales et, qu'au final, on lui fasse endosser un produit qu'elle n'a pas écrit.

A tout cela, la justice de notre pays n'a rien trouvé à redire, en Référé, sur le fond, en Appel et tout récemment en cassation. Mieux, elle a condamné l'auteure, indignée par un tel viol de sa contribution à vocation scientifique, à payer, alors qu'elle avait sollicité l'aide juridictionnelle pour pouvoir se défendre, les frais de procédure des éditeurs, dont les pratiques inquiétantes en ce 21 siècle, semblent avoir été, de fait, cautionnées par les juges.  

Sylvie SERBIN: «L'affaire est toujours en instruction auprès de la Cour européenne des droits de l'homme où la procédure est très longue. Je suis toujours dans l'attente et c'est mon seul espoir sachant qu'en tant que Noirs, nous avons peu de chances d'être traités avec une réelle équité par la justice française qui dans mon cas, n'a pas hésité à créer une jurisprudence bafouant les lois sur la protection intellectuelle et sur le droit moral censées protéger tout auteur. Ces lois s'appliquent aussi à l'échelle européenne, mais s'agissant d'un ouvrage sur l'histoire africaine et d'une auteur noire, pas de justice!
MERCI à tous de votre intérêt pour cette affaire. Je ne me bats pas pour moi seule, car il est évident que si nous ne réagissons pas, demain, d'autres parmi nous se retrouveront muselés pour d'obscurs prétextes. Continuez aussi à faire découvrir "Reines d'Afrique et héroïnes de la diaspora noire" autour de vous. Ce livre doit survivre à toutes les manigances et pressions dont il a fait l'objet, juste parce qu'il a voulu donner une image digne du passé de l'Afrique et de ses héroïnes. »
 
A la communauté noire, LA SIESTE DOIT SE TERMINER. Les excuses bidon du style «Ça ne sert à rien» pour ne pas avoir à se bouger et se complaire ainsi dans son rôle de complexé, n’a plus sa place en 2015.  (Voyez le résultat avec notre jeune génération, surtout en occident, une vraie catastrophe).

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