Chassez-moi ces transhumants que je ne saurais voir!

01/04/2015

 

 

Avec l’alternance historique survenue au Sénégal en 2000, les sénégalais découvraient un nouveau sport qui leur était inconnu jusqu’ici : la transhumance politique. En vrais sahéliens, les populations accompagnent le rythme des saisons en suivant la transhumance des bergers avec leur bétail. Mais la transhumance dont ils sont spectateurs aujourd’hui concerne d’autres bêtes: les politiciens. De plus en plus de professionnels politiques posent leur baluchon aux portes des bureaux de l’actuel locataire de l’antique palais d'Ernest Roume.

Depuis la dernière passation de service entre le Maître et l’élève, quelques «anciens dignitaires» tentent de séduire celui dont ils avaient précipité le départ du perchoir de l’assemblée nationale sénégalaise et de la soi-disant «grande famille libérale».

L’histoire politique au Sénégal semble être un éternel recommencement. Mais nous crédules avions cru que 2012 n’est pas et ne sera pas 2000 puisque nous attestions sur la base de l’émergence du «nouveau type de sénégalais» que le peuple du Sénégal et les sénégalais refusent dorénavant de refaire du neuf avec du vieux parce qu’au moins il y a une certitude: ils savaient contre qui ils avaient voté le 26 mars 2012.

Le début de ce nouveau magistère avait été pourri par de nombreux débats publics stériles. Pendant ce temps les tractations allaient bon train à l’ombre des tapâtes des demeures des personnalités de premier plan du parti au pouvoir. Le mandat de Macky Sall, on l’espérait, était jumelé avec la volonté de la majorité du peuple sénégalais de voir, enfin, le Nouveau Type de Sénégalais avec l’avènement d’une réelle rupture.

A la lumière des derniers événements qui ont retenu en haleine le peuple, le Sénégal s’est encore une fois révélé au monde par sa maturité politique et le renouvellement de son attachement et de son ancrage dans une culture démocratique. Le Sénégal est un pays de citoyens libres. Le sénégalais peut parfois surprendre, irrité, et séduire. Mais son indépendance d’esprit et sa capacité de se déterminer reste intacts.

Le verdict de la C.R.E.I. du 23 mars 2015 sonnait chez des militants du Parti Démocratique Sénégalais comme le bruit assourdissant d’un fromager qui entraine dans sa chute les arbustes accrochés par ses branchages. Ce cataclysme a résonné jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat, rampé jusque dans ses organes les plus déconcentrés des hameaux transformés dans un style maladroit et précipité en communauté rurales, chef lieux ou autres titres de localités.

Cette désillusion impromptue draine un goût amer d’inachevé chez certain militants libéraux un goût amer et indigeste. S’ouvre alors le temps du doute face à un avenir orageux et assombri par la fin du parcours de celui dont le nom se confond toujours au parti dont il était défini comme la seule constante: Me Abdoulaye Wade.

Le temps incertain de la démocratie, le jeu insolent du choix du meilleur ou du porteur d’un nouvel espoir ont fait changer les faces opposées du même miroir. Le sens de la direction de la transhumance a changé. Les prairies bleues asséchées par l’insolence, la gabegie et la cupidité de ses dignitaires ont fini permis de fleurir les pâturages aux couleurs cacahuètes grillées du parti de Macky Sall.

 

La transhumance, un sport bien pratiqué au pays des Damels, Garmies, et autres Buurs….

Un coup de projecteur sur la garde rapprochée du pape du Sopi révèle une armada d’anciens socialistes ayant ravalé leur «ngor» à la faveur de postes de complaisance. Aujourd’hui, une bonne partie de cet entourage s’empresse de franchir le «niakk» pour aller paitre à côté. Même si le ridicule ne tue pas au pays des «ndigueul», il faut tout de même une morale en politique. C’est cela que le Nouveau Type de Politiciens doit assumer. Le nouvel homme fort de Dakar sort certes des flancs ensanglantés de parti Démocratique Sénégalais, mais il doit comprendre le vrai message du peuple. Les vraies aspirations de cette nouvelle et jeune génération de citoyens qui n’hésitera pas à la moindre occasion de le rappeler à la raison. Cette raison dont les graines ont été semées un certain 19 Mars 2000. L’an 2000, cette année fétiche et remplie d’espoir qui à défaut de voir Dakar devenir comme Paris, permit un changement qui fait écho au «Sopergny» de Mars 2012. L’élève a donc appris sa leçon dictée par le peuple le 25 mars dernier. Donc Monsieur Le Président : « Chassez ces transhumants que je ne saurais tolérer… ».

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