Afrique subsaharienne: La lumière est dans les énergies renouvelables !

19/10/2015

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La consommation d’un milliard de personnes représentant la totalité de la population de l’Afrique au sud du Sahara vaut moins que la consommation d’un petit état des Etats-Unis en un an.

Les ministres de l'Energie du G20 se sont engagés à soutenir l'accès à l'électricité en Afrique sub-saharienne où près d'un habitant sur trois en est privé. Avec le potentiel dans les énergies renouvelables dont cette région fait preuve, le défi pourrait être relevé.

 

La Banque mondiale a révélé lors du sommet du G20 des ministres de l'Energie à Istanbul que près de 600 millions de personnes qui n'ont pas accès à l'électricité sur le continent africain. L’apparition de l’expression "new deal énergétique" pourrait paraître surannée. Mais la situation est d'autant plus paradoxale qu'il est désormais plus fréquent d'être équipé d'un téléphone portable, que d'avoir accès à l'eau potable ou à l'électricité en Afrique.

Le défi est énorme. Dans certains pays d'Afrique, entre 50% et 75% de la population vit sans électricité. En 2015, au Mali, en Angola ou en Namibie, les trois-quarts des habitants sont privés de courant. En Ethiopie, cela représente 70 millions de personnes qui vivent dans le noir, 60 millions en République démocratique du Congo  (RDC).

L'ensemble de l'Afrique subsaharienne qui compte un milliard de personnes (soit 13% de la population mondiale). Mais son taux de consommation en électricité reste en deçà de celle d'un petit Etat des Etats-Unis. Pourtant, le continent ne manque pas d'atouts pour assurer son développement énergétique.

Comme souvent, la République Démocratique du Congo est l'exemple type du paradoxe africain. L’instabilité politique, l’accès limité au financement et bien d’autres raisons font que seulement 9% de la population a accès à l'électricité alors que le pays a un énorme potentiel hydroélectrique.

 

En plus d'avoir la capacité de réduire, voire de mettre un terme à la précarité énergétique, ces énergies à faible émission de carbone s'inscrivent dans une démarche durable. Avec 45 GigaWatt d’hydroélectricités potentiellement disponibles, il s'agit d'un des secteurs les plus prometteurs pour le développement d'une croissance verte en Afrique.

L’Afrique subsaharienne dispose d’un grand avantage par rapport aux autres parties du globe. Alors que les grandes puissances mondiales doivent faire face au casse-tête de la décarbonisation de l'économie, le continent africain, lui, peut passer directement aux énergies renouvelables. Seulement… les investissements pour les développer restent largement insuffisants dans cette région du monde.

A peine 1% de ces investissements dans le secteur énergétique sont consacrés à cette zone (contre 34% pour l'Asie du sud, 25% pour l'Europe et l'Asie centrale ou 26% en Amérique Latine et dans les Caraïbes). Et six pays d'Afrique subsaharienne concentrent 80% de ces investissements privés.

Elham Ibrahim, commissaire de l'Union Africaine chargée des infrastructures et de l'énergie, insiste sur le fait qu'il faut "des mesures financières et adopter des solutions innovantes" pour mener à bien ce processus.

Si rien n'est fait, moins de 6 Africains sur 10 auront accès à l'électricité en 2030

 

 

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