Projet maïs de l’UEMOA au Burkina-Faso : Un exemple de réussite pour l'agriculture ouest-africaine

24/10/2015

Le projet maïs de l’Union économie et monétaire ouest africaine (UEMOA) vise la valorisation des variétés à haut rendement de maïs telles que les variétés hybrides Bondofa et Komsaya (pour les zones irriguées), les variétés SR 21 et Espoir (pour les zones de bonne pluviosité notamment la zone sud soudanienne) et les variétés Wari et Barka précoces et tolérantes à la sécheresse (pour la zone nord soudanienne).

Selon que l’on cultive le maïs pour des besoins en alimentation humaine (Tô, couscous, maïs de bouche (griller, légume…), besoins des agro-industriels (Brasserie, Semoulerie, huilerie), ou en alimentation animale (Fourrage, Grain pour fabrique d’aliment), le directeur régional de recherches environnementales et agricoles, Dr Jacob Sanou et son équipe ont réussi à trouver la variété qu’il faut et qui tienne compte de la pluviométrie.

Ainsi :

  -La variété Wari a un cycle de 91 jours. Riche en protéine et provitamine A, Wari résiste à la sécheresse et à plusieurs viroses. Son rendement est de 6,4 t/ha en grain,
  -La variété Espoir, Teenbo en mooré ou Djigui en Dioula a quant à elle, un cycle de 97 jours avec un rendement de 6, 5 t/ha. Elle est également riche en protéine et en protéine A,
  SR 21 a un cycle de 97 jours avec un rendement de 5,1 t/ha,

  Komsaya comme son nom l’indique en langue nationale mooré, signifie la « fin de la famine ». C’est une variété hybride de 97 jours avec un rendement en grain de 8 à 9,5 t/ha. Elle est riche en protéine assimilable ( lysine, tryptophane), en provitamine A ; et en terme de fourrage, rapporte 15 à 25 t/ha avec un feuillage vert à maturité.

  Bondofa, variété hybride également, elle a un cycle de 97 jours avec un rendement moyen de 6,5 t/ha
  La variété Barka elle, a un rendement de 6,5 t/ha.

 

Du choix de l’UEMOA…

Le Dr Sanou a assuré que son équipe a obtenu des résultats qui permettent de développer la production de maïs dans chacun des pays pour faire face à l’importante importation de maïs que connait les pays de la sous-région. Dans l’espace UEMOA, les importations de maïs sont à plus de 700% dans certains pays.

Pour revenir sur le travail réalisé par le Dr Sanou et son équipe, ils ont produit des variétés à haut rendement qui permettent aux agriculteurs des pays de l'UEMOA, de pouvoir, produire, se nourrir, mais aussi vendre sur le marché. C'est la raison pour laquelle le projet burkinabé a été soutenu et financé par l'UEMOA.

 

 

Une reconnaissance à l’expertise Burkinabè

Pays essentiellement agricole, le Burkina doit progressivement adapter son agriculture et singulièrement ses variété semencières au changement du climat qui n’est plus une vue de l’esprit. Les recherches de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles de Burkina Faso (INERA) à travers sa direction régionale de recherches environnementales et agricoles s’inscrivent dans cette dynamique.

Pour le Dr Sanou, le projet de l’UEMOA est une reconnaissance à la recherche burkinabè, une valorisation des recherches menées par les chercheurs burkinabè. «La filière semence au Burkina est la seule qui marche en Afrique de l’Ouest. Quand il s’est agi d’aider les pays frappé par le virus Ebola, ce sont 3000 tonnes qui sont parties du Burkina dont beaucoup de maïs, parce que notre système semencier est fiable», se réjouit le chargé de recherche.

Malgré l’absence de financement, les chercheurs burkinabè ont maintenu le cap. Et le projet maïs de l’UEMOA vient comme une récompense à juste titre. Pour l’instant le projet est mis en œuvre dans différentes régions du Burkina qui assure la phase pilote. De sa réussite dépendra de sa reconduite dans d’autre pays de la sous-région ouest africaine.

Le Dr Jacob Sanou espère qu’à l’avenir il y aura la protection et la certification d’obtention végétale des différentes variétés qui sortiront des laboratoires. «Quand on va protéger nos variétés, il va falloir que des groupes économiques organisés viennent acheter ces certifications d’obtention variétale pour faire le commerce des variétés. Jusque-là, tout ce qui est fait est remis gratuitement au ministère de l’agriculture, parce qu’il n’y a pas de structures organisées», conclu le chercheur qui cherche et qui trouve, Dr Jacob Sanou.
Loin de dormir sur leurs lauriers le Dr Sanou et son équipe continuent la recherche dans la station de FARAKO-BÂ à un jet de pierre de Bobo Dioulasso, à sortir de nouvelles variétés qui s’adapteront aux réalités climatiques de demain.

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