Sommet Inde-Afrique : Delhi refait son retard.

25/10/2015

 

Reporté depuis décembre en raison de l'épidémie d'Ebola, le sommet Inde-Afrique, du 26 au 29 octobre, sera une étape majeure pour le pays du Mahatma dans sa tentative de s'implanter sur un continent où son grand rival chinois a pris de l'avance dans la course aux matières premières. C’est aussi le premier grand rendez-vous du genre pour le Premier ministre indien Narendra Modi et le plus important rassemblement de dirigeants étrangers en Inde depuis 1983.

Plus de 40 chefs d'Etat et de gouvernement ont confirmé leur présence.

 

Même si la présence de l'Inde en Afrique est largement supplantée par la Chine, dont les échanges ont atteint 200 milliards de dollars l'an dernier, soit plus que le PIB des 30 plus petites économies africaines, les échanges entre l'Inde et l'Afrique se sont cependant renforcés ces dernières années.

Soucieux d'apparaître comme un ami plus qu'un prédateur, les autorités de Delhi insistent sur l’histoire commune avec le continent noir, citant le commerce maritime avec l'Afrique au XVIe siècle ou la lutte commune contre le colonialisme.

 

Pour favoriser une meilleure présence, les politiques indiens s'appuient sur la diaspora de 2,7 millions d'Indiens.

 

Mieux vaut tard que jamais...

En dépit de cette histoire commune, le premier sommet Inde-Afrique s'est tenu il y a sept ans seulement, bien après les réunions similaires organisées par la Chine, l'Union européenne ou le Japon.

Les investissements indiens en Afrique atteignant 30 milliards de dollars, selon le gouvernement, soit un sixième des investissements chinois. Et les pays africains ne comptent que pour 11% des exportations indiennes. Cette situation relève du fait que les dirigeants indiens favorisent très peu la destination Afrique. C’est ainsi que le Premier ministre indien, Modi, grand diplomate voyageur, ne s'est pas encore rendu sur le continent africain, même s'il a fait deux visites à l'île Maurice et aux Seychelles.

Comme pour la Chine, les ressources naturelles africaines suscitent l'appétit de l'Inde, qui importe 80% de son pétrole. Les exportations africaines en Inde sont constituées de minéraux, métaux, pierres précieuses et produits chimiques. Mais l'essentiel va dans l'énergie, l'Inde lorgnant sur le Nigeria et l'Angola pour réduire sa dépendance envers le Proche-Orient.

 

Un destin commun?

Pour la rencontre qui débute ce lundi 26 octobre, le gouvernement indien reste discret sur les objectifs de ce sommet, en dehors de quelques généralités. Mais à coup sur, il sera l'occasion de profiter de la désillusion causée par la Chine, dont le besoin en matières premières faiblit avec le freinage de sa croissance pour passer à une vitesse supérieure dans les échanges entre le sous-continent et l’Afrique. Même si pour l’heure, l'Inde ne peut rivaliser financièrement avec la Chine mais mise sur le partage de connaissances et de technologies, et a accru à 5,4 milliards son aide au développement.

 

Inde et Afrique partagent les mêmes défis, en particulier donner un emploi à des millions de jeunes chaque année et sortir de la pauvreté des centaines de millions de gens.

 

 

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