Dans l'Uemoa, les banques africaines sont leaders

27/10/2015

 

Contre vraisemblablement toute attente les africains ont reconquis le secteur des banques en Afrique et particulièrement dans la zone Uemoa. Selon nos confrères du magazine Jeune Afrique qui en comptabilisant le total de bilan cumulé, mais aussi le total des crédits, le nombre d’agences et d’employés des groupes bancaires, arrive à la conclusion qu’au final, c’est Ecobank qui tient la tête avec un total d’actifs de 4.892 milliards de F Cfa (soit 7,3 milliards d’euros) dans la zone à fin 2014.

 

D’après cette étude, ce sont les banques marocaines qui arrivent collectivement en tête avec désormais un total d’actifs 1,4 fois supérieur à celui des françaises.

Les Marocains se sont imposés en rachetant des banques en difficulté. C’est ainsi qu’ Attijariwafa Bank, (pour ne citer qu’elle…), a repris en 2008 des filiales du Crédit agricole dans la zone franc.

Quasiment absent de cette zone il y a une décennie, ces nouveaux géants de l’espace francophone se sont développés très rapidement, tandis que les groupes français historiquement leaders ralentissaient ou se retiraient.

Dans cette razzia, seule la Société générale résiste à l’offensive venue du pays d’Afrique du Nord en décrochant la seconde place, avec environ 3.400 milliards de F Cfa. Attijariwafa Bank arrive en troisième position. Cependant, au regard du nombre d’agences, le classement bascule : Attijariwafa Bank décroche le premier rang, avec 353 agences en zone franc, contre 305 pour Ecobank, 260 pour BMCE Bank of Africa et seulement 190 pour Société générale.

 

Une bonne santé financière à l’horizon ?

Le parc d’agences des groupes bancaires de la zone UEMOA a quasiment doublé depuis 2006. Plus de la moitié de cette augmentation est due aux Marocains. Ces banques marocaines sont également motrices dans la création d’agences dans la sous-région puisque le parc d’agences des groupes bancaires de la zone UEMOA est passé de 528 à 1.427 unités depuis 2006. C’est d’ailleurs dans cette sous-région que ces derniers sont désormais de véritables poids lourds, pesant parfois un tiers du système bancaire local : globalement, leurs actifs cumulés dans l’Uemoa sont deux fois supérieurs à ceux des françaises.

 

Une conquête à parachever…

Pour l’instant, la suprématie des banques marocaines en zone franc reste inachevée pour deux raisons. D’une part la force d’une poignée de groupes subsahariens qui, à titre individuel, continuent de dominer la scène régionale malgré l’offensive étrangère.

Ainsi, la société Ecobank demeure, et de loin, le principal groupe bancaire actif dans l’Uemoa, avec environ 3.143 employés et 252,7 milliards de F Cfa de revenus, soit 1,7 fois le produit net bancaire cumulé de Bmce Bank of Africa dans la région.

Les groupes marocains semblent connaître de vives difficultés pour pénétrer les six pays de la Communauté Économique et Monétaire des Etats de l'Afrique Centrale (Cemac). Attijariwafa Bank a de solides positions au Cameroun, au Gabon et au Congo, mais reste absent de trois autres pays. Mais la dernière sortie de Mohamed Benchaaboun sonne comme un avertissement: « Dans les deux prochaines années, nous devrions compter deux ou trois pays supplémentaires en zone Cemac ».

 

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