Vendredi 13, un jour comme un autre!

18/11/2015

Le vendredi 13 novembre 2015 aura réactualisé une superstition séculaire. Désormais il faudra rajouter à la longue liste lugubre, ne plus aller voir des amis qui vous invitent à dîner, faire abstraction d’aller apprécier son groupe préféré ou encore prendre un café ou fêter un anniversaire à la terrasse d’un café par un mois de novembre au climat clément. Il faudra désormais se priver de l’essentiel. On doit aussi arrêter de partager avec ceux qu’on aime sans trop avoir à se faire violence, à parler uniquement de ces choses légères qui annihilent par leur frivolité, toute propension à étouffer un instinct de vie aussi intense que le leur. Ce plaisir charnel qu’on est capable d’éprouver à l’insu du monde et qui par moment semblait traduire de façon éclatante le bonheur de notre existence qui peut se situer vraiment au-dessus de tout.

Nous avons le droit, nous devons conserver ce droit à opter pour un refus permanent des contraintes que la vie de tous les jours semblaient vouloir nous infliger à la manière d’une contredanse dont il faudrait s’acquitter avec le sourire. Ce n’est que par ce refus que nous pourrions partager l’amer jus abondant du fruit de la liberté dans une égale fraternité. Mais ce sera également par ce même refus que le malentendu trouvera la possibilité de s’éclipser de nos relations. De la légèreté à oublier la pesanteur de l’air.

 

Nous devons continuer à garder ce droit à regarder passer les gens aux moments d’affluence dans les grandes rues piétonnes de France et d’ailleurs. Nous devons toujours prendre le temps sans avoir peur à s’abîmer dans l’observation de nos contemporains, semblables à des enfants en quête des rudiments de la vie et qui contemplent avec une attention curieuse, soutenue, l’évolution des petits insectes au cœur de ses préoccupations ludiques. Nous devons continuer a toujours pensé qu’un long et patient examen de la nature humaine au plus profond de ses comportements les plus grégaires ne pouvait que nous enrichir à travers ce besoin inextinguible de chercher à comprendre la grande énigme que constituait notre espèce. Nous devons pouvoir continuer à boire une bière, un café, un thé ou du petit lait tout en essayant de capter par de-là cette clameur qui s’échappait de la multitude, quelque indice ou alors une simple voix qui aurait une tonalité différente. Sentir une main chaude et douce au toucher de doigts, fusion de cœur dans une communion d’idées. Nos souffles réunis rythmant nos réflexions. Par moment, se regardant dans les yeux et sourire sans piper. Laisser le temps qui passe si vite nous prendre de court, sans pour autant se soucier d’une rafale de mitraillette.

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