Et si le visa n’était qu’une banalité érigée en mythe?

30/11/2015

Parmi les injustices qui font étouffer de rage bien des candidats à l'émifration, il y a les tracasseries inimaginables liées à la recherche d’un visa. Cet état de fait aujourd’hui a pris des proportions telles que la préparation d’un voyage vers l’étranger fait pousser des cheveux blancs aux plus optimistes. 

 

Obtenir un visa, principalement pour l'Europe, c’est la croix et la bannière. Tout se passe comme si toutes les juridictions du monde s’étaient liguées pour interdire aux damnés de la terre le franchissement des frontières de l’étranger. Les systèmes mis en place dans les représentations consulaires en Afrique, pour l’attribution de visas sont d’une rigueur inutilement procédurière, à la limite risible, parce que grossièrement martiale.

A vrai dire, le spectacle de dénudation judicaire auquel on soumet les candidats qui expriment le souhait de voyager tourne douloureusement à des scènes d’humiliation qui ne sont pas de nature à nous conforter dans l’idée que nos frères occidentaux nous regardent comme des créatures à part entière.

 

L’extrême diversité des dossiers requis, le temps nécessaire à leur dépouillement, la nature des questions qui font suite à leur exploitation, rien dans la physionomie globale du visa n’encourage à aller à sa recherche. Alourdis par des préjugés raciaux parfois sans fondement, les occidentaux, à travers leurs dirigeants, ont fini de transformer le visa, sous nos yeux, en un objet d’horreur, une source de tensions véritables qui, à la limite, nous font découvrir sous un autre jour la vanité même de notre indépendance  et de notre liberté de mouvement au cœur d’un monde affranchi et aux frontières poreuses depuis des décennies maintenant de ses lugubres étanchéités géographiques.

 

Aujourd’hui, avec toute la complexité de la procédure qu’une ambassade comme celle de la France au Sénégal impose à ceux parmi nos compatriotes qui le cherchent, on a fini d’imposer à notre conscience l’image fausse selon laquelle le visa est cette espèce de miracle matériel dont l’obtention garantit une cure de pureté identitaire.

 

S’il est vrai qu’une fraternité universelle sincère est la base indéniable de la beauté d’un monde assimilé, il est temps que ceux qui se gargarisent de délits de faciès comprennent alors, une bonne fois pour toutes, qu’à chaque fois qu’on exige du voyageur un visa pour le laisser franchir quelque frontière, on lui ouvre une parcelle de territoire certes, mais on lui ferme sans le vouloir peut-être une fenêtre de notre cœur.

Please reload

  • Facebook - Black Circle
  • Twitter - Black Circle