Économie mondiale: Afrique, objet de convoitise

03/05/2016

L’Afrique est dans l’œil des cyclones émergents comme la Chine, le Brésil, l’Inde, la Corée, etc. Dans l’économie mondiale, l’Afrique génère bien de ressources qui font tourner cette économie. Considérée comme le réservoir des matières premières du monde, des pays phares comme le Nigeria, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du sud et bien d’autres, souffrent pratiquement des mêmes maux. Ils importent tous ce qu’ils ont paradoxalement en quantité suffisante, produits agricoles, minerais, énergies fossiles…tout vient sous une autre mouture d’ailleurs.

 

La ruée vers... l'Afrique

L’Afrique est en ce moment encore plus convoitée qu’il y a de cela des décennies. L’Afrique Subsaharienne représente une faible part des échanges mondiaux: 1 à 2% des exportations mondiales avec un P.I.B. assuré à 40% par l’Afrique du Sud et à 70% par l’Afrique du Sud et le Nigeria. Les matières premières sont déterminantes dans les exportations, avec 3 ou 4 produits phares peu ou faiblement transformés (produits agricoles, minerais, énergies fossiles), sauf pour l’Afrique du Sud. L’économie de ces pays en est fragilisée. 93% des recettes d’exportations du Nigeria sont réalisées par le pétrole. Malheureusement, les élites dirigeantes annulent tous ces efforts en se partageant de manière malveillante ces rentes. Le comble est que le Nigeria importe de l’essence et les autres secteurs de l’économie sont négligés. De 1960 à 1980, la Côte d’Ivoire a connu une croissance de 6%, puis la baisse de 40% due à la chute des prix des principaux produits d’exportation à la fin des années 1980. Ici aussi, les rentes se sont volatilisées dans les comptes des dignitaires marquant ainsi l’un des chaînons de la crise ivoirienne actuelle. Les investissements directs étrangers vont aux 2/3 aux industries extractives, ce qui renforce cette spécialisation des pays africains. Ce qui a fait dire à M. Alain Antil lors d’une Conférence que les pays africains «sont considérés comme des réservoirs de matières premières pour le monde. La croissance du P.I.B. est donc très dépendante. Les produits chinois à faible coût ont concurrencé les produits africains surtout à partir des années 1980. Il y a les problèmes du prix et des infrastructures de transport, du coût de l’électricité, du monde des affaires (corruption, etc..). Ces facteurs gênent les délocalisations, limitent l’implantation des entreprises et freinent les investissements en Afrique, sauf pour l’Afrique du Sud. Il y a une très faible régionalisation des économies. Exemple l’Afrique de l’Ouest échange avec ses voisins 7 à 9 % de sa production. Il y a peu d’intégration régionale. La majorité des échanges se fait avec le reste du monde. Jusque dans les années 1990, l’Europe a été majoritaire. Depuis peu, la Chine et l’Inde ont une stratégie africaine».

Effacée de l’origine des bonnes découvertes, l’Afrique va subir un acharnement de la part des Arabes et des Occidentaux par d’autres peuples interposés: «Les Arabes vont jusqu’au Mozambique, utilisent les routes transsahariennes. Puis l’Europe explore, conquiert et colonise le continent. Les liens économiques sont alors très forts. Les Anglais installent des Indiens dans leur empire africain, les Français des Libano-Syriens. Dans les années 1960, 1970, 1980, les ex-puissances coloniales (Anglais, Français) sont très présentes, même militairement. Il en est de même pour les États-Unis, l’Urss, la Chine et Cuba car l’Afrique est un enjeu durant la Guerre Froide ».

 

L'Africain doit travailler plus que le chinois!

Des années 90 à 2000, après la crise économique et sociale sur tout l’ensemble du territoire et le génocide rwandais, l’Afrique était déclassée avec le sentiment que l’Europe, notamment la France l’avait lâchée. On remarquait une baisse du nombre de coopérants, et la redéfinition de la politique africaine (moins d’interventions et d’aides). Dans les années 2000, l’Afrique intéresse de nouveaux acteurs du monde pour des questions économiques: besoins croissants en matières premières, nouveaux marchés. Mais avec la recrudescence du terrorisme, des milliards seront alloués à la lutte contre ce fléau. Par exemple, la Côte d’Ivoire va dégager 80 milliards pour venir à bout de ces forces occultes. Pendant ce temps, les Américains font le plein de pétrole en provenance d’Afrique: «11% des approvisionnements en pétrole en 2001 viennent d’Afrique, l’objectif étant d’atteindre 25% en 2015. Les États-Unis ont été très présents durant la Guerre Froide et s’éclipsent après le désastre de Somalie. Ils s’interrogent alors sur leur place en Afrique. Après le 11 septembre 2001, l’Afrique de par sa pauvreté devient, selon eux, une cible et un vivier pour le terrorisme international. La guerre contre le terrorisme est à la fois une raison et un paravent de l’installation des Américains sur le continent». Apparemment loin de la vie politique africaine, dans 10 ou 40 ans, les Chinois seront peut-être des élites intellectuelles et économiques en Afrique, comme c’est déjà le cas en Indonésie.

Au départ, les pays du Tiers étaient principalement l’Afrique, la Chine et l’Inde.  Cette chaîne n’attend que l’Afrique, le dernier maillon, pour sauter et n’être plus qu’une histoire ancienne. Il importe de développer une culture du travail plus dense que celle des Chinois et de savoir s’ouvrir au monde quand il le faut sans se corrompre jusqu’à la perte de l’identité de soi-même.

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