Congo(s), terres d'églises.

21/01/2016

Messages savamment calibrés, battages médiatiques, campagnes d’évangélisation miracles… la recette du succès de certaines églises de réveil se fait à fort coups de marketing à la sauce Jésus. Coup de projecteur.

«Grande soirée des millionnaires sous le thème la sanctifinance», “Nuits des effets: rire après les résultats souhaités”, “Journées de puissance dénommées le docteur Jésus”, “Nuit des effets, d’impacts, de puissance et de feu La détresse ne paraîtra pas 3 fois”…

A eux-seuls les messages de certaines églises congolaises (à Brazzaville comme à Kinshasa) interpellent. Un appel à la communion en Christ en ces périodes difficilles qui s’affiche sur différents canaux et qui révèle une très inspirée verve marketing.

Affiches, banderoles, posters géants, spots radio et télédiffusés, posts sponsorisés sur les réseaux sociaux,… les équipes com de ces assemblées sont sur le pied de guerre. C’est à qui aura le plus d’inspiration pour rameuter les fidèles.

Le diable n’étant pas loin, certaines célébrations sont vécues comme de véritables veilles d’armes «Prenez garde, veillez et priez; car vous ne savez quand ce temps viendra» Marc 13:33.

 

Inviter, mener le peuple vers le Seigneur

Tour de force pour ces gagneurs d’âmes au point où des commissions spéciales com sont érigées. “Nous organisons parfois des sessions de formation sur les stratégies sur comment communiquer efficacement”, explique un responsable d’une  assemblée chrétienne de Brazzaville, par ailleurs prof de marketing.

Les messages inspirants  et inspirées transpirent via l’éloquence de certains noms d’églises.

E.C.E.P: Eglise des Chrétiens Engendrés par la Parole, Eglise antidénominationnelle, Eglise des Champions en Jésus, Eglise la loi de Jésus-Christ, Eglise miel, Eglise louange compassion, Eglise image de je suis, Assemblée Fleuve de Vie pour les Nations, Ministre de la santé spirituelle, La Réserve de l’Eternel, tout y passe. 

Ici, il s’agit de vendre un produit exceptionnel: la parole de Dieu, du moins, pour certains, l’adhésion à une vision de Dieu.

 

Ecrans géants, orchestre et service d’ordre

De l’affichage à la chaîne de télévision en passant par les réseaux sociaux et les sites Web, le battage médiatique se fait via des canaux diversifiés.

Et au sein des églises, écrans géants, service d’ordre, orchestre, chorale, salle climatisée, orateurs passionnés et souvent déchaînés.  

Avec à la clé «des séances de guérisons et de miracles» qui subjuguent les fidèles et les prédisposent à être au service de l’église.

Les mots choisis pour accrocher les (futurs) ouailles restent efficaces. Tours de force spirituels (avérés ou truqués selon les avis) font leur effet.

Il en va de la renommée de l’église et surtout de son «berger» quelque fois auto-affublé de titre de «prophète», ou d’«apôtres» de “bishop”  ou d’”archibishop”.

Une gestion ecclésiale qui ressemble fort à celle d’une entreprise, surtout lorsque certains services comme les prières d’intercession ou les bénédictions se monnayent comme prestations spirituelles.

Le business semble rentable, à en juger souvent par la disparité matérielle qui peut exister entre les pasteurs et la majorité de leurs fidèles, mis à rude contribution financière.

Quoi qu’il en soit « heureux le pauvre qui héritera du royaume de Dieu » Sic.

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