Opinion: Selon Lionel Zinsou, "l’Afrique doit appartenir aux Africains"

27/01/2016

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«L’Afrique n’appartient pas aux Africains et c’est extrêmement préoccupant». Ce constat de Lionel Zinsou, Premier Ministre du Bénin, est particulièrement net. L’homme qui possède la double nationalité française et béninoise a joué, ces dix dernières années, un rôle primordial pour faire entendre la voix de l’Afrique et pour que la France repense ses relations économiques avec le continent.

Ennemi acharné de la Françafrique, il a même convaincu François Hollande, le Président français, de créer une Fondation dans le but de nouer un nouveau partenariat avec le continent, qui ne soit plus fondé sur des relents de colonialisme et de mépris du continent africain, mais sur des relations économiques d’égal à égal, dans une perspective de croissance partagée.

Si cette fondation a été accueillie avec enthousiasme par les grandes puissances africaines, telle que le Nigéria, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, le Kenya…elle n’a pas été du goût de tous et la Françafrique qu’il décrit comme un «mythe du passé», a tenté par tous les moyens de rappeler qu’elle était bien vivace et qu’elle comptait des soutiens de choix en France comme sur le continent africain. Les ennemis du développement n’ont lésiné devant aucun moyen pour faire taire celui qui risquerait de faire disparaître leurs privilèges, gagnés à la sueur du front des populations qu’ils exploitent.

 

Aujourd’hui, la hargne est totale entre les milieux françafricains et Lionel Zinsou. Approché dans les années 1980 pour devenir l’un de leurs agents alors qu’il parcourait le continent pour le compte du PNUD, Monsieur Foccart et ses proches s’étaient vu opposer une fin de non recevoir totale (peut être un reste de méfiance liée au coup d’État que ces derniers avaient organisé avec la complicité de Kouandété, contre son oncle, le Président Zinsou). L’erreur du Monsieur Afrique de l’Elysée aura été alors de penser que Lionel Zinsou était plus Français qu’Africain et qu’il se prêterait au jeu de l’exploitation de l’Afrique pour rendre à la France «ce qu’elle lui avait donné».

A partir des années 2000, leur colère grandit, au fur et à mesure de l’ampleur que prennent les propos de l’économiste béninois, qu’ils qualifieront «d’afro-optimisme béat» pour l’insulter. L’idée d’une Afrique en pleine croissance, fière et pouvant parler pour elle même, va à l’encontre totale de l’idéologie propagée par des réseaux qui estiment que le continent leur appartient.

Aujourd’hui encore, alors qu’il est candidat à la Présidentielle, la cellule Afrique de l’Elysée voit d’un mauvais œil la candidature de cet électron libre, susceptible de rogner son pré-carré. Leur candidat désigné, un riche homme d’affaires, semble avoir des difficultés à mobiliser les foules malgré l’ampleur de ses moyens financiers et toutes les pistes sont en cours d’exploration pour arriver à faire taire ce Premier Ministre encombrant, quitte, même, à mettre en avant une pseudo-proximité avec cette France du passé, afin de le décrédibiliser.

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