Soutenir les jeunes pousses pour développer l'Afrique.

21/11/2016

Le Champion & SmE Africa Forum, tenu les 17 et 18 novembre 2016 à Abidjan, s’est terminé sur des engagements forts. Les chiffres dévoilés lors de la conférence de presse clôturant l’événement sont éloquents. «Nous avons recensé 480 personnes sur sélection venant de 32 pays, 200 entreprises, 300 dirigeants des PME, 60 institutions intervenant dans l’environnement des entreprises et 60 experts de différents domaines», détaille Didier Acouetey, commissaire général du Forum.  
À ces chiffres, s’ajoute l’inscription record des start-up. Elles ont été 70 à participer au concours «10 minutes pour convaincre» qui a vu défiler des porteurs de projets qui ont, tous en général, convaincu les membres du jury par la jeunesse et la fraîcheur des idées et leur capacité à apporter des solutions concrètes et compétitives aux problèmes quotidiens (déchets, électricité, eau, procédures administratives, facturation).
Hormis la difficulté quasi-structurelle à accéder aux guichets bancaires, ces petites entreprises ont un point commun: l’Internet et la téléphonie mobile comme support d’activité à travers des modèles économiques souples et peu budgétivores. 
Ces idées nouvelles mises en œuvre par des start-up sous-capitalisées et dont certaines n’ont pas encore un an portent en elles le futur de l’Afrique. Pourvu que les pouvoirs publics, les partenaires multilatéraux et les privés, définissent un écosystème intelligent et souple permettant de raccorder la TPE de moins de 100 millions de FCFA de chiffre d’affaires à la PME de 500 millions de dollars et celle-ci à la multinationale. 


A l’instar de l’ivoirienne Axxiom, vainqueur du concours des start-up, grâce à une solution innovante de gestion des déchets et de régénération des bassins sédimentaires, l’essaim des petites entreprises a besoin d’un accompagnement administratif, technique et financier ainsi que d’une réforme des marchés publics lui permettant l’accès à la commande publique. 

En ce sens, rappelons que la Côte d’Ivoire est entrain de boucler une loi sur le contenu local devant accorder au moins 25% de la commande des multinationales aux entreprises locales. La Guinée en fait de même imitant la Tanzanie et le Kenya. De nombreux pays du continent ont entrepris la réforme des marchés  visant à accorder une part non compressible de la commande publique  aux PME en s’inspirant de la loi américaine du small business act. Autant d’initiatives n’auront de sens que combinées a un processus de mise à niveau des entreprises africaines.

La structuration est donc une étape nécessaire dans le processus d’évolution de ces entreprises qui ont des besoins différents en fonction de leurs tailles et de leurs secteurs d’activités.
Sans un encadrement découlant d’une volonté forte des pouvoirs publics, ces PME innovantes ne pourront pas franchir l’étape «coûteuse» de la «formalisation». 

C’est dire que les pouvoirs publics doivent, plus que jamais,  accélérer les réformes pour intégrer l’auto-emploi dans leurs stratégies. En Afrique, sur les 150 millions de jeunes qui accéderont à l’emploi en 2050, environ 60% le feront par auto-emploi puisque l’activité économique est passée d’une logique de pipeline à une logique de plateforme. 
La capacité de jeunes auto-entrepreneurs à créer ou intégrer des réseaux sera déterminante dans le succès des Affaires.

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