L’Afrique face à la criminalité financière

02/12/2016

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L’Afrique voit s’échapper chaque année 192 milliards de dollars causés par des flux illicite contre seulement 30 à 40 milliards d’aide au développement, a révélé mercredi 30 novembre 2016 à Dakar, Amath Soumaré, président fondateur de Sopel International et président du Centre africain de la Nouvelle économie, CANE Executive. M. Soumaré animait une table ronde sur la sécurité économique et le développement en Afrique en marge de la session d’hiver de l’université de la Gouvernance (UNIGOV’2016) placée sous le thème de la «Sécurité Économique et Financière». Le thème de cette table ronde a permis à cette occasion de mettre en exergue les phénomènes qui gangrènent la sécurité économique en Afrique notamment les flux illicites, la corruption, le blanchiment des capitaux, la fraude fiscale etc. Selon l’expert en intelligence économique, «les 192,3 milliards de dollars de flux illicites sont constitués de vols que subissent la plupart des pays, de l’exploitation illicite des forêts, de la pêche illicite, de l’absence de bénéfices des multinationales ou de leur non déclaration, de la perte des ressources intellectuelles, des détournements de fonds etc.». M. Soumaré estime que «c’est d’importants flux qui sortent d’Afrique chaque année, appelant les africains à se ressaisir pour mieux canaliser les flux et les injecter dans les économies pour assurer le développement du continent». Mr Soumaré déplore par ailleurs le manque de moyens pour faire face à ces phénomènes: «Il n’existe pas de moyens adéquats en Afrique pour faire face à ces flux, parce que l’aspect est méconnu d’une part et, d’autre part, au niveau de nos pays, la plupart des agences qui doivent s’occuper de ces problèmes sont sous équipées». Il préconise des mesures idoines par rapport à la législation obsolète dans le contexte du boom de l’électronique et du numérique. Dans son intervention, l’économiste Cherif Salif Sy par ailleurs consultant de la commission économique des nations unies pour l’Afrique (CEA) a expliqué que les flux financiers illicites constituent un manque à gagner et des pertes énormes pour l’Afrique et le continent lequel a, par exemple, besoin de 96 milliards de dollars pour régler définitivement la question énergétique. Et M. Sy d’appeler à une sensibilisation pour faire face aux flux illicites afin de les ramener à des proportions soutenables pour les économies africaines.

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