Ousmane Sow: Disparition d'un géant.

07/12/2016

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Le sculpteur des géants de la "Bataille de Little big Horn" est mort. Né à Dakar en 1935, c'est à Rebeuss, à l'époque un quartier chaud de la capitale sénégalaise, qu'il grandit entre une mère originaire de Saint-Louis, au nord, et un père originaire de la région du Cap-Vert, dénomination à l'époque de la région de Dakar. À la mort de son père, il décide de venir en France où il exerce divers petits métiers avant de se lancer dans des études de kinésithérapie.
Après avoir travaillé dans ce secteur paramédical, c'est à 50 ans qu'Ousmane Sow fait de la sculpture son métier à part entière. Durant ces années d'activité, il transforme la nuit son cabinet médical et ses appartements successifs en ateliers de sculpture, détruisant ou abandonnant derrière lui les œuvres qu'il créait.
C'est en 1987 qu'il est révélé au public, au centre culturel Français de Dakar, où il présente sa première série sur les lutteurs nouba. Six ans plus tard, il expose à la Dokumenta de Kassel en Allemagne. Et en 1995, au Palazzo Grassi, à l'occasion du centenaire de la Biennale de Venise. Sa carrière est lancée. En 1999, Ousmane Sow, dans le cadre d'une grande rétrospective, expose ainsi sur le pont des Arts à Paris ses sculptures géantes sur armatures de métal avec pour les incarner de la terre macérée dont il a gardé le secret de la composition. Plus de trois millions de personnes ont, à cette occasion, eu la joie de voir ses personnages inspirés de l'histoire ou de scènes de vie courantes. Depuis, son œuvre a été exposée dans une vingtaine de lieux, dont le Whitney Museum à New York.

2013: Ousmane Sow entre à l'Académie des beaux-arts
Trente ans après l'élection de Léopold Sédar Senghor à l'Académie française, Ousmane Sow avait été, en 2013, le premier Africain à rejoindre l'Académie française des beaux-arts, dédiant son installation solennelle «à l'Afrique tout entière, à sa diaspora, et au grand homme qu'était Nelson Mandela».
A l'occasion de sa réception à l'Académie des beaux-arts, son épée lui avait été remise par Abdou Diouf, alors secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie et ancien président du Sénégal. Conçue par Ousmane Sow lui-même, cette épée représentait un Africain nouba en train d'effectuer un saut, évoquant disait-il son propre «saut dans l'inconnu» quand, à l'âge de cinquante ans, il a abandonné son métier de kinésithérapeute en banlieue parisienne pour sa passion de toujours, la sculpture.
Pour le sculpteur Jean Cardot, Ousmane Sow apportait à l'Académie des beaux-arts «(son) intelligence et (son) génie africain». «Vous êtes l'exemple même de la richesse et de la merveilleuse diversité de l'expression artistique», avait encore dit Jean Cardot, au nom de l'Académie des beaux-arts.

Pour rappel, le sculpteur des géants eut droit à la reconnaissance de son pays d'origine.
Ousmane Sow était commandeur de la Légion d'honneur, commandeur des Arts et des Lettres et commandeur de l'Ordre national du Lion du Sénégal.

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