Sommet Cedeao 2017: Faure Gnassingbé, nouveau Président en exercice.

Le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé, est  le nouveau président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Il a été élu par acclamation par ses pairs présents à Monrovia. Toutefois, le nouveau président de la Cédéao ne fait pas l'unanimité dans son pays. L'Alliance nationale pour le changement, principal parti de l'opposition, ne voit pas d'un bon œil la désignation de Faure Gnassingbé à la tête de l'institution sous régionale.

  

L’un des faits majeurs du sommet de Monrovia, a été le passage de témoin entre le chef d’Etat libérien, Ellen Johnson Sirleaf, et le président togolais. Ce dernier présidera aux destinées de l’organisation sous régionale pour un mandat d’un an. La décision a été prise dimanche 5 juin 2017 en clôture du 51ème sommet des chefs d’Etat de la Cédéao à Monrovia. Faure Gnassingbé a appelé à plus d'intégration et encouragé un peu plus encore la mobilité économique dans cet espace régional d'Afrique de l'Ouest, alors que l'une des décisions de ce sommet est de construire une autoroute entre Abidjan et Dakar.

«Il nous faut maintenant opérer des sauts qualitatifs vers notre objectif unique qui est de faire de notre organisation une Cedeao des peuples. Il nous faudra sans plus tarder enlever les dernières barrières au brassage et à l'imbrication de nos populations, responsabiliser notre jeunesse en encourageant sa mobilité économique dans l'espace régional, mettre à contribution nos hommes d'affaires, mettre à profit notre potentiel démographique, miser sur l'agriculture et l'industrialisation... Autant de défis que nous devons relever ensemble pour l'épanouissement de nos populations », a déclaré le président togolais.

 

    

Cette journée a été marquée par l’absence du roi Mohammed VI, qui a annulé sa visite au dernier moment, officiellement en raison de la présence d’un autre invité de marque: le Premier ministre Israélien Benyamin Netanyahu. Une visite avec les honneurs qui marque selon le chef de l’Etat hébreux, sous un ton de séduction, le retour diplomatique d'Israël sur le continent.

Et effet immédiat de cette visite, la levée des mesures de rétorsion diplomatiques d'Israël vis-à-vis du Sénégal. Depuis décembre 2016 et après le vote d'une résolution  à l’ONU condamnant la colonisation israélienne, décision parrainée par le Sénégal, Israël avait rappelé son ambassadeur et annulé son programme d'aide au Sénégal. Depuis..., tout a été pardonné. Le retour d'un ambassadeur israélien à Dakar et la reprise de la coopération entre les deux pays ont donc été décidé.

 

Autre grand sujet sur lequel les 15 pays membres de la Cédéao devaient statuer: la demande d’adhésion du Maroc à la Communauté des pays ouest-africains. Une demande acceptée sur le principe. La Décision finale sera prise au prochain sommet de l'organisation sous-régionale en décembre prochain. Un "oui" de principe, car la Cédéao doit maintenant se pencher sur les aspects techniques et juridiques qu'implique une possible adhésion du Maroc.

Mais en réalité, plus grand-chose ne s'oppose à l'entrée du Maroc dans cette organisation sous régionale. Seul le Ghana a émis des réserves sur ce nouveau venu. "Il faut relativiser les clivages géographiques" (dans un contexte de mondialisation), commentait ainsi une source sénégalaise qui préfère mettre en avant les relations commerciales importantes que ce pays du Maghreb entretient déjà avec l'Afrique de l'Ouest. Notamment avec le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Nigeria.

   

Enfin, la crise en Guinée-Bissau, véritable casse-tête des pays d'Afrique de l'Ouest, a également été évoquée. Les institutions y sont bloquées depuis près de deux ans et les accords de Conakry proposés par la Cédéao en octobre dernier restés lettre morte.

Au final, il n'a pas été question de sanctions. La Cédéao a donné trois mois supplémentaires au président bissau-guinéen pour trouver une solution à la crise. Les troupes de la communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest resteront plus longtemps sur place, au vu de la situation fragile de ce pays.

    

Le mandat de Faure Gnassingbé devrait favoriser essentiellement la coopération entre les Etats membres, la sécurité et la stabilité de la sous-région ouest-africaine et du continent ainsi que le développement de l’économie bleue.

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