Législatives juillet 2017 au Sénégal: Une course de rats.

13/06/2017

La publication des listes de partis, de candidat indépendant et de coalition de parti pour les prochaines élections Rechercher élections législatives du 30 juillet 2017 sont désormais connues. En effet, sauf changement de dernière minute, elles devraient être 47 listes en compétition pour la 13ème législative du pays de la Téranga sur les 49 listes qui ont été déposées.

Une pléthore de listes qui pose autant de questions que le nombre des listes. A première vue cela nous rappelle la chanson du grand Robert Nesta Marley, connu sous le nom de Bob Marley: "Rat race". Cette expression anglophone qui littéralement signifie (course de rat en français), désigne une course sans fin, autodestructrice ou inutile. Elle est basée sur l'image d'un rat de laboratoire essayant de s'échapper en parcourant un labyrinthe ou une roue.

Les grandes surprises suite aux publications des listes en lice viennent des deux principales coalitions à savoir d’une part, la liste de "Wattu Sénégal" qui sera dirigée par l’ancien Président Abdoulaye Wade, les 90 ans révolus, qui dirigea le pays de 2000 à 2012 et celle de la coalition au pouvoir "Benno bokk yaakaar" pour laquelle, le Premier ministre, Mohammed Boun Abdalah Dionne, prend les rênes pour diriger la liste nationale en lieu et place de réfléchir sur les solutions à apporter aux problèmes de ses compatriotes.

Pour en arriver là nous devons de fait constater une traduction d’un multipartisme mal encadré et l’état de maladie avancé de la démocratie "à la sénégalaise", jadis chantée et montrée en exemple. Aussi on constate de nos jours que dans ce pays, tout mène à la politique si l’on ne s’en sort pas. La politique est devenue une issue de secours pour les "naufragés" sociaux, au point qu’il est difficile de rencontrer hommes et des femmes acteurs politiques par conviction idéologique.

Parler d’idéologie est certes obsolète aujourd’hui, les clivages se sont effondrés au profit d’un pragmatisme. Des coalitions se forment au gré de vision convergentes au détriment des états-majors classiques. Puisque le plus souvent Dakar est une chambre de résonance de tout ce qui se passe politiquement à Paris, on risque d’être aussi surpris après les élections législatives de juillet prochain.

 

Depuis la publication des listes, on entend ça-et-là, des voix et parfois des pleurs frustrés de n’avoir pas été choisis. Chaque chromosome gigotant dans le sillage d’un "leader" politique pense qu’il est forcément la solution aux difficultés que traverse le Sénégal. Certains allant même jusqu’à monnayer leur place sur une liste. En effet, au sein de la coalition dirigée par l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye, président de l’Alliance pour la citoyenneté et le travail, les dix premières places de la liste nationale ont été cédées au plus offrant.

De l’autre côté le duel à distance entre le Premier Secrétaire du Parti Socialiste Sénégalais Ousmane Tanor et le Maire de Dakar, dissident du même Parti Socialiste et actuellement en prison Khalifa Sall, se prolonge sur le terrain des législatives.

Du côté de la coalition présidentielle, les leaders n’ont pas fini d’avaler des couleuvres. Les deux frères ennemis transfuges du Parti Socialiste, Djiko Kâ et Moustapha Niass ont aussi pris le maquis contre Macky Sall. Ces alliés de la coalition "Benno Bokk Yakaar" fustigent la répartition des listes où il se sentent lésés.

 

La diaspora sénégalaise va faire sa première entrée dans un parlement élargi comme la quinzième région administrative du pays. Les 15 nouveaux députés représentant les Sénégalais de l’extérieur siègeront à l'issue de ce scrutin. Une première dans le pays. Mais d’autres raisons expliquent cette mesure portée à bout de bras par le pouvoir. Quoi qu’il en soit, longtemps attendue, toujours épiloguée dans de houleuses joutes verbales entre majorité et opposition, la représentation de la diaspora au sein du parlement sénégalais est enfin devenue une réalité.

Il ne faut pourtant pas chercher loin pour trouver des motivations à cette entrée des Sénégalais de l'extérieur, considérée comme la 15 région administrative du Sénégal (le pays en compte 14) au parlement. Les raisons sont avant tout économiques. La diaspora sénégalaise dont le nombre est estimé entre 2,5 et 3 millions de personnes, soit l'équivalent de la population de Dakar, contribue à hauteur de 900 milliards de francs Cfa (près de 1,38 milliard d'euros) par an à l'économie nationale soit le tiers du budget 2017 de ce pays ouest-africain de 14 millions d'habitants. Cette force économique non négligeable s'offusquait très souvent de ne pas être assez associée à la gestion des affaires politiques. Gageons que la participation de députés de la diaspora pourrait permettre d'enrichir le débat politique au Sénégal grâce à la diversité de leurs expériences dans leurs pays d'accueil.

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