Diaspora Plurielle: Faut-il "bruler" le traitre Bengelloun?

17/07/2017

Le Sénégal vibre au rythme de fortes sonorisations dans le sillage des différentes caravanes animées par les candidats des coalitions en lice pour les prochaines législatives. La diaspora n’est pas en reste. Les "candidats post-it" de l’étranger enrôlés par les coalitions le plus souvent en quête de représentativité tentent péniblement de mener une campagne sérieuse.

Dans ce vaste océan de magma visqueux, Diaspora Plurielle, créé en avril 2016 des cendres de la défunte Fédération des Sénégalais de la Diaspora, avec l’ambition de se positionner comme un acteur novateur qui ne voulait plus laisser l’exclusivité de la gestion des affaires publiques qu’aux partis politiques, traverse des moments de tourment depuis la décision de son président d’aller sans ses camarades aux élections sous la bannière de la "Coalition gagnante Wattu Senegaal" dont la tête de liste est l’ancien président Abdoulaye Wade.

 

Les responsables à travers des communiqués "niambasse" tentent de cacher une déception à la hauteur de l’acte posé par Bouba Bengelloun, tout en crachant leur rage dans un cadre plus confidentiel. Selon Ousseynou Seck, vice président du mouvement, la trahison de Bouba est d’autant plus grave, qu’en tant que président de Diaspora Plurielle, il était de ceux qui avaient signé l’engagement de ne plus aller aux élections après l’échec de la mise en place d’une grande coalition au niveau de la diaspora en France. Par conséquent il appelle ses autres camarades du comité de pilotage d’en tirer les conclusions qui s’imposent et surtout de prendre leurs responsabilités collectivement et individuellement au lieu de servir à tour d’interviews des discours creux et sans saveur.

Plus nuancé que son secrétaire général, le tout nouveau président de Diaspora Plurielle, le lyonnais Abdou Sonko tente d’éviter de tomber dans le piège des petites querelles entre parisiens. Tout en tentant de voir claire dans ce fouillis pluriel, Abdou Sonko rappelle les différentes étapes qu’ils avaient ensemble traversés pour mettre sur les fonds baptismaux la Fédération Française de la Diaspora et plus tard… Diaspora Plurielle. Il finit tout de même par conclure: "La démarche de Bengelloun est surtout et exclusivement une démarche personnelle".

Très occupé par les exigences d’une campagne électorale, Bouba Bengelloun joue la carte de l’apaisement envers ceux qu’il continue toujours à appeler ses "amis de Diaspora Plurielle". Après plusieurs sollicitations sans réponses, il finit par nous accorder un entretien dans lequel il déclare orbi et urbi : "Il ne faut pas que les gens aillent chercher des raisons là où il y’en a pas… ". De décembre 2016 à mai 2017, nous avons collectivement cherché la stratégie pour battre la coalition présidentielle lors de ces législatives. Le mouvement Diaspora Plurielle, dans sa volonté de participer différemment dans l’activité politique pour engager les véritables mutations au sein de la société sénégalaise, a participé en France à la tentative de mise en place d’une coalition politique la plus large possible". Le candidat de la coalition conduite par le pape du Sopi soutient que c’était possible de sauver la grande coalition en France n’eut été la gourmandise et l’hypocrisie des uns et des autres. Poursuivant sa logique, il affirme qu’il avait soumis la question à ses amis du bureau pour savoir si malgré l’impossibilité d’une liste commune, ils seraient d’accord de soutenir la liste originelle composée de lui, d’une personne du Pds: Meïssa Touré et d’une autre de Bokk Guiss-guiss: Fatoumata Dia. Il reçut un refus nuancé du comité de pilotage. Tout en soulignant que le refus le plus catégorique venait de Lyon. "Toutes les personnes membres de Diaspora Plurielle soutiennent ma démarche, sauf à Lyon". Pour lui, l’important est que les idées portées par Diaspora Plurielle puissent être discutées là où les décisions se prennent. C’est la raison pour laquelle, "Ben", comme l’appellent affectueusement ses soutiens, dit mener sereinement sa campagne. Il donne rendez-vous aux membres de Diaspora Pluriel après le 30 juillet et exclut toute démission de son poste de président pour lequel il dit avoir mis en stand-by. "Quoiqu’il arrive, je ne démissionnerai pas. Je me suis mis en congés jusqu’au prochain congrès". Alors d’ici là, l’équation reste entière pour les membres de Diaspora Plurielle: fut-il soutenir le "traitre" Ben, ou le brûler pour haute trahison… That is the question!

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