Le poids économique de la diaspora africaine‎ en Europe.

31/12/2017

La diaspora africaine, une des clefs du développement ?

Les entrepreneurs africains de la diaspora seraient-ils les derniers à succomber à l’attractivité de l’Afrique? C’est en tout cas ce que révélaient les investigations de Knowdys intelligence économique auprès de 56 entrepreneurs africains basés à Paris, Londres et New-York. Opérant dans un milieu européen ou américain plus transparent, les entrepreneurs de la diaspora estimaient, à juste titre que les risques, les obstacles, les coûts de transaction et la longueur des procédures, sont trop importants pour investir dans leur pays d’origine. Entre aux autres griefs, ils regrettaient – soulignaient les enquêteurs de Knowdys – que le commerce transfrontalier soit encore relativement compliqué.

 

La diaspora africaine, puissance économique?

Néanmoins, les transferts de fonds vers l’Afrique sont en augmentation constante bien que les tarifs des sociétés de messagerie financière restent élevés. En 2014, près de 120 millions d’Africains ont reçu 60 milliards de dollars envoyés par 30 millions d’Africains de la diaspora. Ce montant est supérieur à l’aide publique au développement (56 milliards de dollars en 2014) et aux investissements directs étrangers (50 milliards de dollars). Mais les fonds envoyés par les Africains sont le plus souvent destinés à régler des problèmes d’ordre social (soins de santé, frais scolaires, logement, etc.) plutôt qu’à dynamiser le maillage économique des pays.

En 10 ans, le nombre de personnes résidant en-dehors de leur pays a augmenté de 28%. Dans le même temps, les montants des transferts de fonds de ces expatriés vers leur pays d’origine ont bondi de 51% −passant de 296 milliards de dollars en 2007 à 445 milliards en 2016−, soit une hausse moyenne annuelle de 4,2%. Parmi ces 445 milliards de dollars, 13% ont été envoyés à destination de l’Afrique. Voilà quelques-unes des tendances qui ressortent du rapport publié par le Fonds International de Développement Agricole (Fida).

L’Afrique a reçu 60,5 milliards de dollars en 2016 de la part de la part de ses ressortissants établis à l’étranger, contre 44,3 milliards en 2007, soit une hausse de 36%, selon le Fida. Un chiffre qui varie un peu de celui de la Bad qui estime, elle, que le total de l’argent envoyé vers l’Afrique s’élève à un peu plus de 65 milliards en 2016. Si cette évolution peut paraître importante, elle reste néanmoins faible en comparaison de la zone Asie-Pacifique où ces sommes ont grimpé de 87% sur la même période.

Le continent est troisième en terme de montant reçu, derrière l’Asie-Pacifique donc, mais aussi l’Amérique latine. En revanche, il y a en Afrique pas loin de deux fois plus de bénéficiaires de ces transferts — pour des montants unitaires plus petits — qu’en Amérique latine. Les régions du continent recevant le plus d’argent sont l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest.

 

Cinq pays captent 80% de l'argent.

Cinq pays africains captent 80% du total des transferts. En tête, sans surprise, le Nigeria et ses 180 millions d’habitants ont reçu 19 milliards de dollars en 2016, suivi de l’Égypte avec 16,6 milliards et du Maroc avec 7 milliards. Le Ghana et l’Algérie ferment ce peloton de tête avec 2 milliards de dollars chacun reçus en 2016.

Plus de la moitié de l’argent perçu sur le continent par les familles de migrants est destinée à la satisfaction des besoins primaires tels que l’alimentation, le logement ou l’habillement, d’après le Fida.

 

La diaspora africaine, une puissance démographique?

Avec 112.65 millions de personnes en Amérique latine, 39.16 millions de personnes en Amérique du Nord, 13.56 millions aux Caraïbes et 3.51 millions en Europe, la diaspora africaine est considérée comme la sixième région d’Afrique. Cette diaspora africaine contribue aussi largement aux débats politiques et aux activités philanthropiques de leur continent d’origine.

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