Emmanuel au Sénégal

02/02/2018

Emmanuel Macron est de retour en Afrique. Deux mois après son "one man show" devant les étudiants de l'université de Ouagadougou le président français a commencé jeudi une visite de deux jours au Sénégal, l’un des meilleurs élèves concernant les relations entre la France et les pays d’Afrique. Ce déplacement avait suscité des polémiques sur l’opportunité d’un tel voyage au Sénégal vue l’actualité sur la forte demande de la part des jeunesses d’Afrique pour la sortie des pays de la zone Cfa de l’Union monétaire sous la coupe de la France.

Mais étant donné que sous ces latitudes, l’opinion des citoyens est très peu considérée, Macky Sall, le président sénégalais et son gouvernement ont à longueur d’antenne sur les médias d’état «vendus» l’intérêt d’une telle visite et ses retombées sur l’économie du pays. En matière d’aide globale envers le Sénégal, contrairement aux idées reçues, la France est loin derrière la Grande Bretagne et l’Allemagne deux pays européens souvent très discrets. Aussi, en matière de soutien à l'éducation, la France ne fait pas tellement mieux que les autres pays donateurs, en y consacrant seulement 2,5% de son aide publique.  

En compagnie de son homologue Macky Sall Emmanuel Macron a coprésidé la troisième conférence de financement du Partenariat mondial pour l'éducation (PME). Leur objectif est de lever quelque 3 milliards de dollars sur la période 2018-2020 pour aider plus de 60 pays en développement à financer leurs programmes d'éducation afin de réduire, malgré le poids de la démographie, le nombre d'enfants non scolarisés, estimé à 264 millions. Selon les spécialistes de la question, trois milliards de dollars ne suffiront pas. «On aurait largement besoin du double, ou du triple», remarque déjà Henrietta Fore, la directrice de l'Unicef.

Heureusement que les africains n’ont pas attendu pour tenter d’éradiquer le taux élevé des enfants non scolarisés. Selon l’Onu, l'Afrique a déjà fourni des efforts considérables pour atteindre les 80% d'enfants scolarisés en primaire. Un bond de 20% en deux décennies. Cette statistique cache cependant de puissantes disparités. A titre d’exemple, Au Niger, à peine 3% des enfants de CM2 ont un niveau de langue jugé satisfaisant. Le Malawi affiche aussi de très mauvaises statistiques: plus de 90% des élèves en fin de CE1 ne sont pas capables de lire un mot. Au Ghana, le chiffre est de 80%. Or, rappelle la Banque mondiale, le niveau de vie à l'âge adulte dépend directement du niveau d'éducation réelle.

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