La mémoire de Marielle Franco célébrée à Lyon.

22/03/2018

Assassinée en plein centre de Rio de Janeiro le 14 mars, Marielle FRANCO avait dédié sa vie à la défense des droits des populations marginalisées des favelas et des femmes noires.

Les prises de position de Marielle Franco dérangeaient. Elle a porté la voix de minorités qui n’ont guère la parole au Brésil. Elle défendait en particulier la cause des femmes noires et s’insurgeait contre la violence policière dans les favelas. Elle est une des premières à avoir dénoncé l’intervention des forces militaires à Rio, décrétée mi-février, qui vise principalement les favelas.

Ses assassins n’ont pas été identifiés mais ils ont dans leur sale besogne réussi à la transformer en une icône mondiale et en un symbole qui va faire naître de nombreuses autres Marielle sur les places publiques de Rio et dans les nombreuses Favelas au Brésil.

Cette femme militante, noire, mère, féministe, sociologue, “enfant de la favela” comme elle aimait elle-même à se présenter, était une grande dame de la défense des droits de l’homme. Exécutée de quatre balles dans la tête, avec son chauffeur, alors qu’elle rentrait d’un événement sur la jeunesse noire mercredi 14 mars, Marielle était originaire du Complexe de la Maré, un ensemble de favelas de Rio, où elle a grandi. À 38 ans elle est l’une des premières à avoir bénéficié des programmes de bourse intégrale dans les années 2000 pour accéder à l’université. Devenue sociologue, puis conseillère parlementaire, elle est la cinquième conseillère municipale la mieux élue de Rio aux élections d’octobre 2016.

 

À Marseille, Bruxelles, Amsterdam, Rio, Sao Paulo et dans de nombreuses villes à travers le monde, la mobilisation continue pour dénoncer la mort de Marielle FRANCO. C’est ainsi qu'à Lyon, une conférence de presse à l’initiative Josée MOUDILOU responsable du Réseau des Femmes Afro descendantes de Lyon s’est tenue mercredi 21 mars à l’Espace Confluence dans le 2ème arrondissement de Lyon. L’occasion d’entendre Béatriz FERNANDEZ initiatrice du rassemblement prévu samedi 24 mars en hommage à Marielle.

 

 "J’organise cette manifestation pour un certain nombre de raisons… je suis brésilienne, blanche et j’ai découvert la réalité sur les inégalités de mon pays avec Marielle".

C’est ainsi que Béatriz commence son récit. Tout en assumant son statut de "privilégiée" de part sa naissance, elle dépeint l’image d’un pays pas très reluisant dont le quotidien se mélange à la violence. Sa découverte du combat féministe lorsqu’elle croise le chemin des militantes noires dont Marielle FRANCO à l’université.

Josée MOUDILOU avait ouvert les débats sur un constat d’abord national français qui oblige à ne pas louper l’occasion que nous donne l’assassinat de Marielle FRANCO d’affirmer le refus de toutes sortes de discriminations. Lui emboîtant le pas, Jean-Didier BABETE MATA EKOLOBATO, Président de l’Association des Etudiants de Cultures Africaines à Lyon (Aecal), revient sur la nécessité de créer une veille afin d’anticiper et de sensibiliser sur ces problématiques qui risquent de rendre difficile la cohésion sociale si chère aux français. Marie-Claude FRANCOIS-HAUGRIN, vice présidente de la Maison de l’Outre-mer souligne l’importance d’une telle mobilisation qui malheureusement met en évidence que les générations passent, mais les luttes sont souvent tristement semblables.

Le rassemblement : Samedi 24 mars -14h00 Place Bellecour à Lyon-

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