Commémoration de la journée du 10 mai dans la discorde à Lyon.

11/05/2018

A un certain moment au pays des Droits de l’Homme, certains naissaient moins libres et égaux que les autres. Et ces citoyens de seconde zone étaient souvent de peau noire. Voilà pourquoi nous avons décidé de marquer ce 10 mai dans un contexte solennel mais organiser par les «Nôtres» pour les «Nôtres» afin d’éviter toute récupération politique.

 

C’est sur ces fondements que les organisateurs, essentiellement des jeunes des communautés noirs d’origine d’Afrique et des Caraïbes ont justifié l’organisation parallèle de la commémoration de cette journée du 10 mai 2018 sur la Place Antonin Poncet dans le 2ème arrondissement de Lyon.

Depuis quelques temps un vent de contestation souffle en direction du Collectif Africa50 qui jusqu’ici centralisait les organisations touchant les communautés africaines de la région Auvergne Rhône-Alpes. Ces contestations se traduisant parfois par des démissions fracassantes.

Pour l’organisation de la journée de commémoration du 10 mai 2018, des responsables d’associations ont trouvé qu’il leurs revient de faire en sorte que cette journée de célébration, de souvenirs et de compréhension prenne toutes les dimensions du recueillement afin que comme l’ont fait nos ancêtres, grâce à leur joie, leur génie et leur inventivité et de nous hisser à leur niveau pour assumer cette histoire. En somme regarder son passé en face et en saisir les impacts contemporains.

Au même moment ou presque, le Collectif Africa50 ou ce qu'il en reste se retrouvait à Villeurbanne entouré d’élus pour la commémoration de cette journée du 10 mai. C’est dommage que nos communautés d’Afrique ne puissent pas pour une fois ce saisir de cette occasion pour afficher une unité face à une opinion nationale pas tout à fait acquise aux principes de cette journée du 10 mai qui utilise des mises en garde contre les intimidations par l’argument de la repentance. A nous de ne pas tomber dans ce genre de piège ni refermer un couvercle qui s’ouvre à peine.

Les responsables des associations noires de France qui parfois ont des mandats électifs de la République doivent se battre pour que l’histoire des Noirs de France ne se dissout pas entièrement dans l’histoire de l’esclavage ni dans une histoire doloriste, d’une part et œuvrer pour que l’histoire des migrations mentionne ceux qui sont considérés comme venant d’ailleurs, étant de passage ou pas tout à fait Français. Parce qu’il y a au sein de cette jeunesse contestataire, une très forte mobilisation pour demander que soit étudiée en profondeur l’histoire de l’esclavage et de la ségrégation. Autrement dit, l’évolution des mentalités en France est une condition nécessaire pour pousser l’université à prendre en compte ces pans de l’histoire de France.

Les historiens français doivent accepter qu’il existe des Noirs en France car la présence africaine a profondément transformé le monde. Cette présence culturelle et patrimoniale devrait désormais être rendue visible.

C’est cela le véritable combat.

Please reload

  • Facebook - Black Circle
  • Twitter - Black Circle