Emigration-Immigration: les Africains face à leurs responsabilités.

24/11/2019

Le samedi dernier le COSIM, (Collectif des Organisations de Solidarité Internationale Issues des Migration) a organisé une journée internationale des Migrants. avec pour thème: "L'impact de l'accompagnement des migrants sur l'aboutissement de leurs projets ici et là-bas". Il ne sera pas ici question d'un compte rendu d'une pâle journée pendant laquelle chaque association vient vendre  ce qu'elle fait mieux que les autres. Mais plutôt nous en servir comme prétexte pour nous interroger sur ce qui pousse à la migration et les responsabilités des uns et des autres.

L’actualité des relations entre l'Afrique et l'Europe se trouve toujours dominée par les questions d’immigration. A la faveur des images des naufragés des barques africaines qui échouent sur les côtes espagnoles et italiennes. Le traitement médiatico-politique fait à ces évènements renvoient à plusieurs problématiques. Dans pareilles situations on cherche toujours des responsabilités surtout qu’il y a mort d’homme en quantité insoutenable pour l’entendement humain. En effet tous les jours, une dizaine d’africains meurent dans une traversée en pirogue de l’océan pour rejoindre l’Europe qui ressemble à un voyage en aller simple vers l’enfer.

Ce qui a ému l’opinion publique de deux côtés de la Méditerranée. Tellement que ces images commençaient à reposer la question des relations économiques entre l’Europe et l’Afrique, qu’elles renvoyaient aussi à la question de la dignité humaine par les Africains et les Européens. Ces images montraient aussi le côté inhumain des Européens, ce qui contredisaient toutes leurs thèses sur les Droits de l’Homme.

On s’en prend aux gouvernements européens pour la gestion approximative de l’accueil de ces "aventuriers" et le durcissement des lois concernant l’immigration. Aussi les reconduites forcées, vécu comme un retour vers l’enfer de ceux qui avaient réussi la traversée de l’autre enfer vers le paradis (entendez l’Europe), n’est pas du tout vu de la même façon. Dans les pays d’origine des migrants, cela suscite des colères qui vont jusqu’à remettre en cause les relations entre pays africains et pays européens. Cette situation demeure une patate chaude que les dirigeants d’Europe se passent entre les mains de fer enveloppées dans du velours.

Dans tous les cas la farouche détermination des jeunes et voire très jeunes (presque des enfants) à quitter leur pays pour l’Europe par tous les moyens appelle à une profonde analyse de la situation économique des jeunes et de l'idée que la population en général se fait de son pays.Il est connu que l’Europe n’a pas vocation à accueillir "toutes les misères du monde". De fait, l’Afrique a sa large part de responsabilité d’autant qu’elle dispose de potentiels pour y remédier.

Les Africains accusant l’Europe d’égoïsme et de racisme. Ils enfoncent le clou en demandant à l’Europe méprisant et cupide ayant spolié depuis six siècles l’Afrique d’assumer les dégâts collatéraux de leurs actes politiques, économiques. Pour certains cette thèse bien que vraie et pertinente n’expliquerait pas tout, car pour d’autres il faille d’abord rechercher les causes internes de cette émigration sans pour autant excuser les actes des Européens. Il nous faut déterminer la part de responsabilité interne à l'Afrique.

Lorsqu’on regarde les chiffres de la population on constate que l’Afrique reste un continent jeune. Plus de la moitié de sa population a moins de 25 ans par rapport à l’Europe ce qui représente un avantage et un handicap si on ne fait rien dans les années qui suivent. Et donc pour l’Afrique si on se plaçait sur le plan de la compétition mondiale, cette dernière est un continent d’avenir. Car il n’est de richesses que d’hommes. C’est la première matière première pour tout pays. C'est ce qui explique l'angoisse des pays européens vis-à-vis du recul de la maternité et l'instauration des politiques familiales et en faveur de la jeunesse.

Ce qui contraste cruellement avec la réalité africaine qui n’offre aucune perspective à sa jeunesse. Ce manque de confiance en l’avenir et le refus de se prendre en mains afin de se saisir des opportunités du présent est symptomatique d’une société non organisée.

Sinon comment peut-on comprendre qu’une société puisse regarder impuissante s’anéantir une jeunesse qu’elle a elle-même enfantée? Quand dans les autres sociétés, on fait tout pour garantir un futur à la jeunesse et on voit les politiques se battent pour assurer l’avenir à cette dernière.

 

Pour ma part j’ai du mal à comprendre les ressorts philosophiques, politiques et sociologiques qui font qu’un peuple tout entier puisse laisser sa jeunesse et voire ses enfants jouer à la roulette russe en traversant la Méditerranée.Le mal africain résiderait donc dans la rupture voilà plus de 60 ans du lien social. L’Afrique recèle en son sein des sociétés qui ont rompu le lien intergénérationnel qui fonde et prime dans toute société humaine organisée. C’est certainement à ce niveau qu’il faut aller chercher ce qui motivent alors, la grande masse de la population africaine, son élite, ses intellectuels et les politiques africains à considérer l’émigration comme solution aux problèmes politiques et économiques.

 

L’Europe vieillissante aura toujours besoin d’un apport extérieur. Pour une partie de certains africains n’est-il donc pas normal que les jeunes africains aillent faire l’appoint?

La grande réponse qui ressort de toutes ces interrogations c’est le renforcement des mesures restrictives d’entrée et la fermeture plus ou moins totale des frontières européennes. Cette réponse fut vite battue en brèche par la détermination des émigrants africains à gagner l’Europe. Ce qui nous offrira tous les jours aux actualités les drames, toujours des morts. Une actualité alimentant des débats interminables sur les causes et les conséquences. On continue dans pareille situation de chercher des boucs émissaires.Pour cette autre catégorie de pensée la recherche des causes internes s’avère primordiale, car les causes externes trouvent leur expansion exponentielle dans le lit des causes internes.

 

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