'Air Sénégal International': Les ailes se fissurent?

03/05/2019

La compagnie Air Sénégal et ses turbulences ont été au menu des doléances évoquées au Palais de la République du Sénégal, dans le cadre de la journée du 1er mai. Macky Sall, le Président sénégalais a martelé son souhait de voir la compagnie nationale sénégalaise performante et protégée au nom des sacrifices consentis par  l’état pour en arriver là.

 

Pendant ce temps, les échos venant des cieux semblent brouiller les prévisions optimistes des autorités sénégalaises. Macky Sall souhaite que sa compagnie soit à l’image de la « Ethiopian Airlines » en termes de performances. Toutefois certaines langues soutiennent que ce projet si cher au président Macky Sall est en train de battre de l’aile  à cause de la mauvaise gestion de l’entreprise. La compagnie accumule des couacs les uns après les autres. Entre les vols qui sont annulés au dernier moment et l’équipage d’un vol pas trop « sénégalais », les passagers voient leur enthousiasme disparaître comme la traîne d’un avion furtif. Une mauvaise publicité pour cette compagnie qui comme un vieux phénix tente de renaître des cendres des défuntes expériences de compagnies nationales.



Il était une fois ‘Air Sénégal International’

Mise en place pour succéder à la défunte Air Afrique, ‘Air Sénégal International’ fut créée en 2001 par des privés sénégalais, la société passe ensuite par une recomposition de capital de l'ordre de 49% d'actions pour le Sénégal contre 51% pour les partenaires marocains. Elle exploite quatre avions dont deux sont loués avec une garantie de la Royal Air Maroc.

La compagnie assurait la desserte intérieure au Sénégal, entre Dakar et les villes de Saint-Louis et Ziguinchor notamment, en plus de lignes extérieures. Elle se voulait le symbole de la coopération entre Dakar et Rabat. Née d’un élan, de coopération et de développement économique, la compagnie Air Sénégal International est le prolongement des relations entre le Sénégal et le Maroc.

Air Sénégal International fut élue meilleure compagnie Africaine en 2003.
Ce paragraphe appartenait désormais à l'histoire puisque quelques mois plus tard, la compagnie connut des problèmes.

 

La compagnie bat de l'aile

Les difficultés d’ASI débutèrent en 2004. Le Maroc et le Sénégal auraient-ils surestimé les perspectives de développement de la compagnie et consenti des investissements de lancement trop conséquents ? En tout état de cause, la compagnie chérifienne est appelée à la rescousse pour renflouer les caisses. Parallèlement, un plan de redressement est adopté. Celui-ci prévoit, entre autres, un ralentissement de l’activité et la réduction des effectifs. Les deux parties se mettent d’accord. Mais le plan tarda à être mis en place.

Sur le terrain, la situation fut loin d’être sereine. Cadres, syndicats et opinion publique développèrent progressivement une hostilité à l’égard de la partie marocaine au point de provoquer des dissensions au sein du Conseil d’administration de la compagnie.

Rien n’allait plus. La crise sociale était latente et la grogne des syndicats grandit. Ce qui n’arrangeait rien aux difficultés financières qui allaient grandissantes.

Rappelons qu’ASI employait 450 personnes et 150 intérimaires et qu’une des principales revendications concernait la réintégration de ces intérimaires.

 

La problématique posée par la crise d’ASI dépasse le cadre de l’entreprise. La compagnie a effectivement une double nature puisqu'elle était à la fois marocaine (RAM en est l’actionnaire majoritaire) et sénégalaise puisqu’il s’agit de la compagnie nationale du Sénégal. Cette dualité était épineuse. Non pas parce qu’il s’agissait de deux nationalités différentes mais davantage parce qu’elle faisait entrer en ligne l’enjeu politique. Ce qui ne correspondait pas nécessairement aux impératifs de rentabilité économique. D’où l’urgence d’étudier de nouvelles formes de partenariat en Afrique. Ce n’est pas le cas actuellement pour Air Sénégal.

 

Pour la nouvelle compagnie 'AIR SÉNÉGAL', la question qui se pose est qu’attend le gouvernement Sénégalais pour reprendre les choses en main pendant qu’il est temps. Beaucoup de passagers dénoncent la suppression prématurée de la ligne Corsair alors qu’Air Sénégal n’est pas encore prêt pour assurer la desserte Paris-Dakar.

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