Regard vers le passé: Leymah Gbowee : "La guerrière de la paix"

02/08/2019

Née à Monrovia au Liberia le 1er février 1972, Leymah Robert Gbowee est assistante sociale de formation. Militante et activiste des droits humains, elle a reçu en 2011 le prix Nobel de la Paix pour son engagement pacifique en faveur de la paix et du respect des droits humains. Ce prix est en fait le couronnement d’un long combat pour le retour de la paix dans son pays.

En effet, Leymah Gbowee, s'est illustrée dans des mouvements de non-violence. Quadragénaire bien consommée, celle que l’on surnomme sur la scène internationale: "La guerrière de la paix", est une travailleuse sociale, qui pendant la guerre civile au Liberia n’avait pas peur de côtoyer les enfants-soldats. Elle se rendit compte que la seule manière de changer les choses, du mal vers le bien, était pour la femme africaine, femmes et mères de ces enfants, de se lever et d'aller dans la bonne direction. Cette "Mama Afrika", dans le bon sens du terme, à qui nous dédions cette journée de la Femme africaine a le droit de savourer "sa victoire" de militante avec ses proches, ses six enfants et tous ses collaborateurs au sein des nombreuses organisations de femmes qu’elle a créé.

En ce millénaire, les femmes noires sont à l’honneur. Que ce soit pour défendre leurs droits, leur couleur ou leur pays, elles n’hésitent plus à monter au créneau. Au-delà de leur simple besoin de reconnaissance, c’est l’avenir de toute la communauté noire qui se joue et plus que jamais, les femmes noires particulièrement les femmes d’Afrique portent en elles la clé du progrès et de la réussite de la population du continent.

 

Le Liberia a connu deux guerres civiles qui ont provoqué la mort de nombreuses personnes. Lorsque Charles Taylor reprit le pouvoir en 1989 en succédant à Samuel Doe, le pays s’enfonça dans une violente crise à caractère ethnique et économique. Leymah Gbowee n’avait alors que 17 ans et fut obligée de fuir le pays avec sa famille et de se réfugier au Ghana.

Au cœur du conflit, les enfants étaient utilisés comme armes de guerre et esclaves sexuels et devenaient de véritables machines à tuer. Bravant les dangers de la guerre, Leymah Gbowee décida de regagner son pays en 1991 et de dire non aux manipulations des politiciens et de protéger les enfants, mais aussi les femmes qui subissaient viols et agressions sexuelles.

Devant la ténacité de ces femmes fatiguées de subir violences sexuelles et tueries, Charles Taylor n’eut d’autre choix que de les rencontrer en avril 2003. Il accepta par la suite de prendre part à des pourparlers de paix au Ghana. Leymah Gbowee, en tant que leader du mouvement "Women of Liberia Action for Peace", fut présente au Ghana lors des négociations de paix. Alors que Charles Taylor et les chefs rebelles bloquaient l’avancée des négociations et souhaitent se retirer, Leymah Gbowee et les membres de sa délégation décidèrent de leur barrer le passage. Cet acte obligea les protagonistes du conflit à se séparer sur un accord de paix.

 

Le militantisme de ces femmes fut décisif dans le processus de paix du Liberia, car le 11 août 2003, Charles Taylor démissionna du pouvoir et partit en exil.

Celle que la communauté internationale appelle la guerrière de la paix est considérée comme une activiste ayant contribué à ramener la paix dans son pays de manière pacifique. Pour avoir lutté pour le respect des droits des femmes, Leymah Gbowee reçut le prix Nobel de la Paix en 2011 au Côté de Ellen Johnson, première femme présidente du Liberia et de Tawakkul Karman du Yemen, activiste pour les droits humains.

 

Leymah Gbowee manifesta un si grand engagement pour la cause des femmes, qu’elle décida de dépasser les frontières du Liberia et à étendre son action aux femmes de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, en 2006, elle participa à la création du Réseau des Femmes pour la Paix et la Sécurité en Afrique - "Women Peace and Security Network Africa" (WIPSEN-A)  - afin de permettre aux femmes et aux jeunes filles d’être des actrices de paix en Afrique. Ce réseau de femmes militantes s’étend non seulement au Liberia, mais aussi dans bien d’autres pays de la sous-région. Cette organisation se spécialise dans le maintien de la paix et la promotion du leadership féminin.

Afin de contribuer au leadership des femmes et des jeunes filles, Leymah Gbowee a mis sur pied en 2012 une fondation à but non lucratif du nom de "Gbowee Peace Foundation Africa" (GPFA). Elle y travaille pour la prévention et la gestion des conflits, mais aussi pour la scolarisation des jeunes filles et leur rayonnement social.

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