L'Ethiopie dans la "guerre aux étoiles"

Le projet de méga-barrage sur le Nil bleu, lancé en 2011 par l'Ethiopie avance progressivement sur fond de tensions régionales en particulier avec l'Egypte qui dépend à 90% du fleuve pour son approvisionnement en eau. Avec ses 6.695 kilomètres, le Nil est, à égalité avec l'Amazone, le plus long fleuve du monde et une source d'approvisionnement en eau et énergie hydraulique vitale dans une région d'Afrique largement aride.

Le bassin du Nil couvre plus de trois millions de kilomètres carrés, soit 10% de la superficie du continent africain, et s'étend sur dix pays: Burundi, République démocratique du Congo, Egypte, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Soudan du Sud, Soudan et Tanzanie.

Situé sur le Nil Bleu, à une trentaine de kilomètres de la frontière soudanaise, le Grand barrage de la Renaissance (GERD), long de 1,8 kilomètre et haut de 145 mètres, devrait commencer à produire de l'électricité d'ici fin 2020 et être complètement opérationnel d'ici à 2022. Cependant, Le Caire ne l'entend pas de cette oreille. Les autorités égyptiennes évoquent un "droit historique" sur le fleuve, garanti par une série de traités depuis 1929. A l'époque, l'Egypte avait obtenu un droit de veto sur la construction de projets sur le fleuve.

Mais, en 2010, un nouveau traité est signé par les pays du bassins du Nil. Celui-ci supprime le droit de veto égyptien et autorise des projets d'irrigation et de barrages hydroélectriques. Lancé en 2011 par l'Ethiopie pour un montant de quatre milliards de dollars, le projet vise à construire le plus grand barrage hydroélectrique d'Afrique, avec une capacité de production de plus de 6.000 mégawatts.

 


C'est dans cette dynamique de développement technologique que le pays de Haïlé Sélassié 1er a lancé ce vendredi 20 décembre 2019 son premier satellite dans l'espace. Une réalisation historique pour ce pays qui vient également couronner une année 2019 record pour l'industrie spatiale africaine.

Bien que le lancement ait eu lieu en Chine, les autorités éthiopiennes soutiennent fièrement que ce lancement constituera une étape majeure dans leur parcours historique vers la prospérité. L'année 2019 est une belle année pour l'industrie de technologie de pointe en Afrique. En effet, il s'agit du huitième lancement d'un satellite africain pour l'année 2019, une année qui bat le record de sept lancements établi en 2017, selon Temidayo Oniosun, directeur général de Space in Africa, une société nigériane qui suit les programmes spatiaux africains.

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