Maman Guéréti: Une voix contre l'excision.

08/02/2020

Excisée alors jeune fille à la conquête de la vie, Guéréti Badji, grande voix à la Compagnie Nationale Daniel Sorano du Sénégal et militante engagée pour la lutte contre les mutilations faites aux femmes mène un combat acharné contre les mutilations génitales féminines, qui touchent près de 200 millions de femmes dans le monde. Pour cette artiste sénégalaise, l’abolition de cette pratique ne peut passer que par l’éducation des jeunes et la sensibilisation au sein même de ces familles liées par des décennies à cette pratique d’un autre âge, adossée à des croyances ancestrales et patriarcales, de conventions culturelles et sociales. Dans sa dernière production "Kébalou" sortie en 2019, elle casse les mythes sur la pratique et sensibilise aussi bien les anciens que les jeunes générations.

Les mutilations génitales féminines (Gmf) sont pratiquées près de 30 pays du monde, sous une ou plusieurs formes, principalement en Afrique mais aussi au Sultanat d’Oman, au Yémen et aux Émirats Arabes Unis. Le nombre de femmes et de petites filles mutilées tourne autour des 200 millions. En Afrique, près de trois millions de femmes subissent cette mutilation chaque année. De fait, les législations nationales, notamment dans les pays africains, n’en sont pas toutes au même stade en ce qui concerne la lutte contre l’excision. Le Sénégal a pénalisé l'excision en 1999 à la suite du lobbying intensif de femmes parlementaires et aux actions de terrain de femmes comme "Maman Guéréti":

-"Nous sommes déterminées à nous battre contre ce problème et à assurer un avenir meilleur à nos filles", martèle avec énergie la diva de la Casamance pour qui "L’excision a un impact très négatif sur la santé psychologique et physique des fillettes". Au-delà des lois qui sont souvent violées dans l’intimité d’un consensus coupable de mères qui n’osent pas dénoncer cette pratique, les sociétés féodales d’Afrique doivent assumer des engagements clairs et précis qui permettent de combattre ce mal et mettre un terme définitif à cette pratique.

L’excision est une tradition obsolète, qui n’est pas requise par la religion. Le vrai challenge est de stopper ce transfert de pratique à la prochaine génération. Des imams et érudits musulmans brisent les idées reçues en confirmant que la religion islamique abhorre les mutilations génitales féminines (Mgf), qui d'après eux, continuent à être pratiquées malgré leur interdiction dans les pays concernés.

Au Kenya, le secrétaire-général du Conseil suprême des Musulmans (Supkem), a dit que l'Islam n'était pas favorable aux Mutilations génitales féminines et a demandé leur abolition. "Les informations que nous recevons donnent l'impression que l'Islam admet l'excision. Nous voulons dissiper les sous-entendus religieux concernant cette pratique. L'impression que l'Islam autorise les mutilations génitales féminines est déplacée" a t-il déclaré. Avant d’ajouter que l'Islam ne défend pas l'excision, en insistant sur le fait que ce rite est un problème culturel et non religieux.

Les mutilations génitales féminines, largement pratiquées par les tribus nomades au Kenya, restent une question de santé et une question culturelle sensibles dans le pays. Bien qu'elles soient interdites, elles constituent toujours un rite de passage collectif chez les bergers nomades, qui forment aussi l'essentiel des fidèles musulmans dans ce pays d'Afrique de l'Est.

Les universitaires musulmans et imams insistent qu'il ne faut point associer ces pratiques à la religion.

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