Covid-19: Ce virus qui n'a ni couleur, ni idéologie.

23/03/2020

Depuis quelques jours, en ces temps de doute, d'incertitude et de questionnement parfois existentiel, circule sur les réseaux sociaux un texte. Un joli texte d'une insolente évidence nous ramène à notre réalité oubliée et oublieuse de mortels aux moyens limités. 

Ce texte est signé par un certain Moustapha Dahleb. Dans la vraie vie l'auteur de cette réflexion est Enseignant-chercheur à l'université Jean Moulin de Lyon.  Membre actif de la Diaspora africaine lyonnaise, il est également. Quand il retourne dans sons pays, il enseigne à l'université de N'Djamena. Tchadien de naissance et panafricaniste convaincu, Docteur Hassan Mahamat Idriss, puisque c'est sa vraie identité, intervient à l'Institut d'Etudes Politiques  Léopold Sédar Senghor de Dakar auprès de de Mme Anne-Marie Fall.


Le coronavirus, ce petit machin n'a pas fini de nous étonner et de bouleverser nos référentiels, nos repères... 

Le monde occidental doit se départir de son complexe de supériorité et se rhabiller de sa belle tunique d'humilité qui lui sied.

Ce petit machin à donné une nouvelle définition au mot "aide". Au sens strict occidental, l'aide n'est pas neutre. Elle est octroyée aux faibles pour continuer à les dominer, les manipuler, exploiter leurs richesses ou affirmer notre grandeur aux yeux du monde.

Au sens strict cubain, l'aide est neutre. Elle se fonde sur les valeurs judéo-chrétienne et musulmane. Elle est l'expression même de la solidarité et de l'amour du prochain. 

Les parias de la communauté internationale viennent sauver l'Europe.

Qui l'eut imaginé? Qui l'eût cru?

Tels des cosaques altiers, les médecins cubains foulent le sol italien sous une ovation interminable. Disciplinés et ayant le sens de l'honneur, ils avancent en rang serré vers la mort, vers la vie...

Interloqués, partagés entre la mort et la vie, ces morts vivants italiens s'interrogent sur la solidarité européenne, sur l'aide européenne, sur la puissance de l'Otan, sur l'Union européenne, sur la communauté internationale, sur la communauté humaine. 

A quoi se mesure finalement la grandeur ou la puissance d'un État face à un virus microscopique qui le terrorise et l'hypnotise? 

La notion de force et de puissance n'est-elle pas à redéfinir face à cette guerre asymétrique contre ce petit machin invisible qui met toute la communauté humaine à nu? 

A quoi s'en tenir? A la providence s'il nous en reste un peu de croyance ou à l'évidence s'il nous en reste un peu de philosophie?

Une chose est sûre: le monde ne sera plus jamais comme avant. La force qui nous anime et qui nous transporte aujourd'hui, se désagrège peu à peu laissant le doute et la certitude s'entremêler et s'entrelacer pour torturer nos âmes éprouvées. 

Notre humanité est tiraillée et interrogée. Elle doit se situer entre l'empathie et la pitié, entre la souffrance à distance et la solidarité de papier.

Le moment n'est-il pas venu pour que le monde occidental conquérant, méprisant et condescendant de reconnaître ses limites? Le moment n'est-il pas venu pour se remettre en question et faire amende honorable? Quelle attitude avoir face à ceux qu'on a fait parias? Quelle réponse donner à ceux qu'on a privés de leurs droits et du développement? Quel comportent avoir face à Dieu qu'on a rendu complice de notre ignominie humaine?

En attendant, de nos trop peu de croyance et de nos trop peu de philosophie qui nous restent, souhaitons la victoire à ces parias d'hier, ces soldats, noirs, cubains armés de seringues et camouflés dans leurs blouses blanches, partis mourir pour sauver des vies blanches.

Face à la mort, reconnaissons enfin que la communauté humaine ne doit pas avoir de couleur de peau, ni d'idéologie politique. 

Enfin, face à la mort certaine, l'article 1er de la charte des droits de l'homme trouve du sens et donne du sens à sa vocation.

Honneur et reconnaissance à ceux et celles qui mettent leurs vies en danger pour sauver celles des autres!

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